Pour Mélenchon, Macron "a totalement perdu le contrôle de la situation" avec Erdogan

S.B.-E.
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Jean-Luc Mélenchon le 11 octobre 2020 à Saint-Hilaire-la-Palud (Photo d'illustration)
 - Philippe LOPEZ © 2019 AFP
Jean-Luc Mélenchon le 11 octobre 2020 à Saint-Hilaire-la-Palud (Photo d'illustration) - Philippe LOPEZ © 2019 AFP

Jean-Luc Mélenchon a refusé ce lundi d'apporter son soutien à Emmanuel Macron, cible d'attaques personnelles violentes de Recep Tayyip Erdogan. Le leader de la France insoumise a estimé que le président de la République a "totalement perdu le contrôle de la situation", après que le président turc eut dit publiquement douter de "la santé mentale" de son homologue français qu'il accuse d'être "antimusulmans". La France a depuis rappelé à Paris son ambassadeur à Ankara.
Interrogé sur France Inter sur son soutien à Emmanuel Macron dans cette affaire, le député des Bouches-du-Rhône a répondu: "Je l'ai fait à plusieurs reprises de le soutenir, je ne le ferai plus parce que le mieux que je puisse faire, c'est de me taire".

"Quand nous avons été bombardés en Syrie, quand nous avons été menacés en Libye, on lui a dit sur tous les tons qu'il était temps de poser le problème de savoir pourquoi nous sommes alliés dans l'Otan avec quelqu'un qui nous bombarde ou qui nous menace, il n'a rien fait et il n'a rien prévu", a-t-il critiqué.

Jean-Luc Mélenchon avait notamment interpellé le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale le 15 octobre 2019 après l'invasion de la Syrie par la Turquie pour y combattre les Kurdes.

Macron ciblé dans le monde arabe

"Hier soir, le président, pour des raisons qu'aucun d'entre nous n'arrive à comprendre, s'est répandu en une série de tweets (...), il a totalement perdu le contrôle de la situation", a-t-il dénoncé.

Le président Emmanuel Macron, en butte à une nouvelle controverse avec la Turquie et à un appel au boycott des produits français dans le monde arabe, après ses récents propos sur l'islam, dans le contexte des hommages à la mémoire de Samuel Paty, a diffusé dimanche soir plusieurs tweets affirmant ses valeurs et soulignant notamment son rejet des "discours de haine".


"Je suppose qu'il ne veut pas de mon appui puisqu'il a donné l'ordre que l'on nous charge comme islamistes de gauche ou je ne sais pas quoi, islamo-gauchistes", a accusé Mélenchon.

"Le président de la République, au lieu de venir maintenant mendier des soutiens, ferait bien de réfléchir à quelle va être sa stratégie: la France est abaissée, humiliée et ridiculisée, qu'est-ce qu'il compte faire, à part des tweets?", a-t-il demandé.

Mélenchon s'en est également pris à Jean-Michel Blanquer qui l'avait attaqué dimanche sur son supposé "islamo-gauchisme" dans le JDD. Il l'a accusé d'être "un ennemi de l'Éducation nationale publique" et de "favoriser des organisations d'écoles confessionnelles". "L'Éducation nationale doit soutenir les profs au lieu de les tenir en laisse et de vouloir les suspecter tout le temps de ne pas faire leur boulot", a-t-il ajouté.

Article original publié sur BFMTV.com