Mélenchon accusé d'antisémitisme après des propos sur Zemmour

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Jean-Luc Melenchon, ici à l'Assemblée nationale en janvier 2021, est accusé d'antisémitisme, après des propos tenus à l'encontre d'Eric Zemmour.  (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)
Jean-Luc Melenchon, ici à l'Assemblée nationale en janvier 2021, est accusé d'antisémitisme, après des propos tenus à l'encontre d'Eric Zemmour. (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)

POLITIQUE - “Je suis même prêt à admettre que je me suis mal exprimé.” Mais, alors, que voulait dire Jean-Luc Mélenchon? Le chef de file de la France insoumise à la prochaine élection présidentielle est pointé du doigt ce vendredi 29 octobre pour avoir fait le lien entre les positions politiques d’Éric Zemmour et les “traditions” liées au judaïsme.

Invité de BFMTV, jeudi 28 octobre, au retour d’un déplacement en Guyane, le député des Bouches-du-Rhône, crédité de 7 à 10% dans les intentions de vote, était questionné sur les propos du rabbin Haïm Korsia, lequel estime que le polémiste d’extrême droite est antisémite.

“Il se trompe”, a ainsi répondu Jean-Luc Mélenchon, après avoir qualifié le religieux de “rabbin-politicien” et avant de développer: “qu’un juif soit antisémite est une nouvelle. J’ai essayé sur le moment, ça m’a fait sourire parce que j’aime bien ce type de paradoxe, je me suis dit, ‘mais comment c’est possible un truc pareil.’ (...) il me semble qu’il se trompe. Monsieur Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu’il reproduit beaucoup de scénarios culturels ‘on ne change rien à la tradition, on ne bouge pas, la créolisation mon dieu quelle horreur’, tout ça, ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme. Ça a ses mérites, ça lui a permis de survivre dans l’histoire.”

Et finalement d’ajouter: “donc, moi je ne crois pas qu’il soit antisémite. Enfin, je ne sais pas, ce n’est pas véritablement mon problème. Il est raciste, ça, c’est sûr puisqu’il a été condamné pour ça.”

Faute politique et morale?

Une réponse donnée, en toute fin d’interview, résumée dans un tweet, ce vendredi en fin de matinée, qui trouve, depuis, un large écho sur les réseaux sociaux, sur fond d’accusation en antisémitisme. Après des comptes influents, comme le patron de Mediapart Edwy Plenel, lequel qualifie la sortie de “faute politique et morale”, plusieurs responsables politiques se sont emparés de la séquence.

“Le pire du pire vient d’être dit”, pour l’eurodéputé d’extrême droite Gilbert Collard, quand, Christophe Castaner, estime, de son côté, que l’Insoumis “a franchi les dernières limites” avec des “propos aux références les plus abjectes.” “Rien, jamais, ne justifie de sombrer dans l’antisémitisme”, écrit encore le chef de file des marcheurs à l’Assemblée nationale dans un tweet. “La nausée”, ajoute sa collègue Aurore Bergé, toujours sur les réseaux sociaux, “combattre un adversaire de la République en usant des pires clichés antisémites.”

Ce n’est pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon est accusé en de tels termes. “Encore et encore. À chaque occasion l’accusation d’antisémitisme revient comme un refrain contre moi par les mêmes haineux”, écrit-il, de lui-même, sur sa page Facebook, ce vendredi, ajoutant: “Naguère Libération montra comment l’accusation avait été lancée et alimentée par l’extrême droite avec l’appui du ‘printemps républicain’. Mais ça recommence. Sans fondement, sans argument, à tous propos et surtout hors de propos.”

Un procès récurrent

En 2019, par exemple, le patron des Insoumis avait commenté sur son blog la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn aux élections britanniques en s’en prenant aux “oukases arrogants des communautaristes du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France)”. De quoi déclencher, déjà, les premières réactions indignées d’une partie de la classe politique.

Ce vendredi, Jean-Luc Mélenchon reconnaît toutefois une maladresse. Il dit être “prêt à admettre” qu’il s’est “mal exprimé”. “J’ai donné prise à des interprétations qui sont au contraire de ce que je pense”, écrit-il, avant d’ajouter: “L’un après l’autre TOUS les porte-paroles de notre mouvance politique dans le monde en ont été accusés chacun à leur tour dans un même but de flétrissement personnel.”

Sur Twitter, c’est sa garde rapprochée qui organise la réplique. Rares sont les dirigeants insoumis à ne pas avoir réagi sur Twitter, discours, meeting ou débat politique à l’appui. “Jean-Luc Mélenchon a toujours fermement combattu l’antisémitisme”, écrit la présidente du groupe LFI à l’Assemblée, Mathilde Panot, quand, le numéro 2 du mouvement, Adrien Quatennens, multiplie les tweets ou retweets sur le sujet.

Il rappelle notamment la présence de nombreuses personnalités de la France insoumise à la marche blanche en hommage à Mireille Knoll en mars 2018, ou les attaques récurrentes déjà subies par son candidat et ses troupes. Une mobilisation qui fait du hashtag “mélenchonbasching” l’un des plus utilisés, et donc l’un des thèmes les plus discutés, à l’heure où nous écrivons ces lignes. De quoi éteindre ou entretenir la polémique?

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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