Mélanome métastatique : l’immunothérapie, efficace contre la rechute ?

David Litman/shutterstock.com

L’immunothérapie ne cesse de faire ses preuves contre le cancer, et en particulier dans le cas du mélanome métastatique. Une étude française démontre désormais qu’une molécule anti-PD1 se montre efficace dans la prévention de la récidive de cette tumeur.

Le pembrolizumab, une immunothérapie anti-PD1, diminue de 43% le risque de rechute de patients atteints d’un mélanome de stade 3 à haut risque de récidive après la chirurgie. C’est ce que montrent les résultats d’une étude menée par Gustave Roussy auprès de 1 019 patients dans 123 centres de 23 pays.

Dans ce travail, les patients opérés d’un mélanome envahissant les ganglions lymphatiques au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine ont été répartis au hasard en deux groupes. L’un a reçu une injection de pembrolizumab à la dose fixe de 200mg toutes les trois semaines pendant un an, tandis que l’autre recevait un placebo.

Après 18 mois de suivi, le taux de survie sans rechute s’établissait à 71,4% pour les patients traités par pembrolizumab contre 53,2% pour ceux sous placebo. Des résultats « très prometteurs », d’autant que « la balance bénéfice/risque du pembrolizumab plaide en sa faveur ». Reste à présent à obtenir « plus de recul pour pouvoir estimer le bénéfice sur la survie globale », précise le Pr Alexander Eggermont, principal auteur.

« Il n’existe pas actuellement en Europe, de traitement adjuvant standard pour prévenir les rechutes », rappelle Gustave Roussy. « Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé deux immunothérapies en adjuvant : l’ipilimumab en octobre 2015 malgré une toxicité significative et en décembre 2017 le nivolumab ».

Quand débuter le traitement ?

Après cette première phase de l’étude, les patients en rechute dans le groupe placebo ont la possibilité d’avoir accès au pembrolizumab. « Cela nous permettra de déterminer s’il est plus bénéfique d’initier le traitement immédiatement en post-opératoire ou de traiter uniquement les patients au moment de la rechute » précise le Pr Alexander Eggermont.

Un mélanome de stade 3 à haut risque de rechute se caractérise par la présence de métastases de taille supérieure à un millimètre dans un ou plusieurs ganglions lymphatiques. Plus l’atteinte ganglionnaire et la taille des métastases sont importantes, plus le risque de rechute est élevé.

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