"Mégalomanie" et "vieilles recettes": LFI et RN condamnent les propos de Macron sur les "partis de gouvernement"

Eric Coquerel (LFI)  lors d'une manifestation le 26 mai 2018 à Paris - Zakaria ABDELKAFI © 2019 AFP
Eric Coquerel (LFI) lors d'une manifestation le 26 mai 2018 à Paris - Zakaria ABDELKAFI © 2019 AFP

Une petite phrase qui ne passe pas chez les Insoumis et le camp de Marine Le Pen. Accusant le président de la République soit de "mégalomanie", de vouloir "diviser" ou de "se raccrocher aux vieilles recettes", LFI et RN estiment que son rôle n'est pas de dire quel parti est capable d'être ou non au gouvernement, après qu'il a déclaré samedi dans un entretien à l'AFP que ces deux partis d'opposition "ne s'inscrivent pas comme des partis de gouvernement".

"Pour Macron, un parti de gouvernement, c'est un parti qui a déjà gouverné", déplore la députée LFI Clémentine Autain sur Twitter ce dimanche.

Estimant que le chef de l'État ne prend pas conscience de son échec partiel aux législatives et du "mécontentement" des Français, elle assure que son parti "veut gouverner, mais pas comme les autres l'ont fait".

Dans la même veine, le député insoumis Alexis Corbière dénonce la "mégalomanie autocentrée" d'Emmanuel Macron et accuse le président de penser qu'"un parti qui ne veut pas "gouverner" avec lui, n'est pas "un parti de gouvernement".

Une tentative de "division"

La cheffe des députés insoumis Mathilde Panot s'est montrée aussi offensive, assurant que son groupe est "prêt à gouverner". Estimant que les propos d'Emmanuel Macron s'inscrivent dans une stratégie politique, elle a accusé le président de la République de vouloir "diviser la Nouvelle union populaire", samedi sur France Info.

"Le jeu de la division ne fonctionnera pas sur la Nupes", a-t-elle cependant prévenu.

Le député insoumis Eric Coquerel a estimé de son côté sur BFMTV que le président veut "faire mine d'être maître de la situation, alors qu'il ne l'est pas", après sa déroute aux législatives.

"C'est tactiquement peut-être intéressant, mais politiquement c'est faux", a-t-il taclé.

Macron doit "tenir compte des oppositions"

Du côté du RN, les réactions ne sont pas plus enthousiastes. Louis Aliot, maire RN de Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, s'est montré ferme, assurant que son parti ne "compt(ait) pas rentrer dans le gouvernement de M. Macron" de toute façon.

Estimant que ce n'est "pas à (Macron) de décerner les brevets de gouvernement", il a également rappelé l'échec des macronistes aux législatives.

"La vérité est que Macron ne dispose pas de majorité, il faut qu'il aille chercher une majorité ou qu'il tienne compte des différentes oppositions", a-t-il souligné.

Le député européen RN Thierry Mariani a pour sa part reproché sur BFMTV au chef de l'État de tomber dans la facilité et de se "raccroch(er) aux vieilles recettes" en qualifiant "le RN de parti extrémiste".

"Non, le RN est un parti patriote tout simplement, avec des solutions qui ne sont pas les mêmes que M. Macron", a-t-il lancé.

Emmanuel Macron ne nous a pas attribué de bons points" a ironisé de son côté sur BFMTV Laurent Jacobelli, député RN de Moselle, critiquant un "bricolage politique".

Après avoir perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale lors des législatives, Emmanuel Macron a annoncé samedi l'annonce prochaine d'un nouveau "gouvernement d'action."

Article original publié sur BFMTV.com

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