"La Mégère apprivoisée" et "Hamlet" : à Paris, Shakespeare version explosive et féministe

Hamlet, mis en scène par Thibault Perrenoud. Compagnie Kobal't.

A défaut de jouer dans les conditions en vigueur à l’époque de Shakespeare, on peut s’en approcher, notamment en permettant une proximité extrême avec le public. C’est ce qu’a fait Thibault Perrenoud pour interpréter Hamlet avec sa compagnie Kobalt, au Théâtre de la Bastille.

Adepte d’un théâtre sans fioriture qui a fait sa réputation, il a installé sa petite équipe au milieu du public, comme si l’on était au théâtre du Globe, à Londres, mais en plus calme, quand même. Pas de chopes de bière qui circulent, pas d’interpellations, juste une installation scénique qui permet d’être au plus près de cette scène de famille très particulière, où les couteaux ne restent pas sous la table.

L’histoire a beau être l’une des plus ressassées, on ne se lasse pas de la voir remise sur le tapis, tant elle pose quelques problématiques autrement plus universelles que la réforme des retraites (sorry pour cette digression). A travers Hamlet, qui ne se remettra jamais de la mort de son père, assassiné par son beau-père, Thibault Perrenoud, qui campe le jeune prince, met sur la table des débats des questions aussi centrales que la famille, la mort, la fidélité, la folie, le droit à la vengeance (ou pas), toutes choses qui résonnent aujourd’hui comme hier, et demain assurément.

Texte revisité... sans faire "djeune"

La troupe s’appuie sur une nouvelle traduction de l’œuvre du grand Will, signée Clément Camar-Mercier. En ces circonstances, on craint toujours des adaptations lexicales désireuses de faire "djeune" et de parler comme certains rappeurs. Rien de tel ici, mais un texte revisité pour le rendre encore plus fort, plus incisif, plus violent.

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