Le Médoc en 1855 – Sangsues et millionnaires

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Château Palmer.
Château Palmer.

Pierre-Charles Fournier de Saint-Amant, qui signe ses ouvrages M. Saint-Amant, est un curieux personnage. Opposé à l'esclavage, il est viré de son poste de secrétaire du gouverneur de Guyane (source Wikipédia) pour avoir protesté contre cette pratique qui sévissait toujours dans cette colonie. Il est aussi considéré comme l'un des meilleurs joueurs d'échecs français, mais gagne sa vie en devenant marchand de vin. Nous sommes en 1855, l'année où, à la demande de Napoléon III et pour l'Exposition universelle, on établit le célèbre classement de? 1855, dont on sait qu'il s'appuie sur d'anciennes hiérarchies basées notamment sur les prix de vente. Saint-Amant publie juste avant la proclamation officielle du classement, Promenade en Médoc, un petit livre, vivement écrit et édité puisqu'il y commente entre autres les millésimes 1853 et 1854. Mais ce n'est pas là le plus intéressant.

Saint-Amant part en voiture hippomobile ? pas encore de voie ferrée ? avec un de ses amis négociant bordelais pour une longue randonnée dans tout le Médoc et ce sont ses réflexions et ses notes dont il nous fait part. Une photographie de ce monde rural au milieu du XIXe siècle et qui, par certains aspects, demeure très actuelle. Évidemment, aujourd'hui on n'y trouve plus cet infect marais du côté de Ludon où chevaux et mulets achèvent leurs vies dans de sinistres conditions : « Ce sont de véritables ombres et un ramassis d'invalides estropiés et blessés paraissant se traîner à peine s [...] Lire la suite