Médine au Bataclan : les associations de victimes en ordre dispersé

Culturebox (avec AFP)
La polémique autour de la venue du rappeur Médine pour deux concerts au Bataclan en octobre prochain ne s'éteint pas. Mais que disent les représentants des victimes des attentats de cette controverse lancée par des responsables de droite et d'extrême droite ? Les avis divergent. Ils vont de la demande d'interdiction des concerts au refus de censurer.

L'association "13onze15 Fraternité Vérité" parle de "faute"

En programmant le rappeur Médine, le Bataclan a commis "une faute", estime l'association "13onze15 Fraternité Vérité". Les dirigeants du Bataclan "ont commis une faute en programmant le concert de Médine dans cette salle précisément, et précisément les 19 et 20 octobre 2018, soit 23 jours avant le troisième anniversaire des attentats", dit-elle dans un communiqué publié mercredi.

"Nous ne jugeons pas les propos de Médine. Toutefois, nous considérons que cette programmation est inopportune en ce lieu précisément", ajoute son président, Philippe Duperron, dont le fils a été tué au Bataclan. "Nous nous devons de dire aux dirigeants que leur responsabilité est de veiller à ce que leur programmation ne rajoute pas de la douleur à des esprits et des corps déjà meurtris", conclut-il.

L'association de victimes Life For Paris refuse de censurer

L'association de victimes des attentats du 13 novembre 2015 Life for Paris, a jugé lundi que le Bataclan était "complètement libre de sa programmation, sous contrôle de la Préfecture de police de Paris". Dans un communiqué, l'association a rappellé que cette salle a aussi été victime des attentats du 13 novembre 2015.


"Notre association n'est pas un organe de censure, elle est et restera apolitique et ne laissera personne instrumentaliser la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes, comme c'est le cas dans cette affaire", conclut l'association qui regroupe plus de 700 victimes. 

Une avocate de victimes demande l'interdiction

Dans un courrier adressé au préfet de police, l'avocate Me Samia Maktouf, qui défend une vingtaine de victimes des attentats du 13 novembre, a réclamé mardi "l'interdiction des concerts de Médine pour risque de trouble à l'ordre public, ainsi que pour atteinte à la mémoire des victimes, au respect dû aux survivants, et aux droits des familles des défunts".


Le document dénonce le "caractère délibérément provocateur" des (...)

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