Ces médicaments russes qui crispent les relations entre l’UE et l’Ukraine

Photo MIGUEL MEDINA/AFP

Du côté ukrainien, la pilule ne passe pas. Si l’Union européenne a imposé des sanctions contre la Russie dans de nombreux domaines de l’économie, elle a fait une exception concernant les médicaments pour des raisons humanitaires. Et, selon Politico Europe, “le gouvernement ukrainien n’apprécie pas et s’en prend aux compagnies pharmaceutiques”.

Pour le média anglophone, l’absence de sanctions dans le domaine du matériel et des traitements médicaux est loin d’être une nouveauté. Ce principe avait déjà été appliqué lorsque les Nations unies avaient sanctionné l’Irak, dans les années 1990. Et il a également été intégré aux récentes sanctions contre l’Iran. Mais les autorités ukrainiennes craignent que les importations en provenance de Russie de médicaments ou des matières premières qui les composent n’aident à financer la guerre contre leur pays.

Dès le mois de mai, le gouvernement de Kiev a donc réagi en modifiant le cadre législatif sur la vente de médicaments, afin de retirer tout produit lié à l’économie russe. “Et il a en octobre fait un premier pas vers l’expulsion d’une société européenne de son marché [à cause de ses liens avec la Russie], assure le journal établi dans la capitale européenne. Et ce malgré les objections de Bruxelles.”

1,7 milliard d’euros

Gedeon Richter est l’entreprise concernée par la mesure. Trente-cinq médicaments produits par le groupe hongrois pourraient être bannis du marché ukrainien si la suspension du laboratoire est mise en application. Et ce n’est que le début. L’entreprise slovène Krka et un sous-traitant allemand du groupe italien Menarini sont également dans le viseur des autorités ukrainiennes. “Ils vendent au total près de 300 produits pharmaceutiques dans le pays.”

L’affaire “creuse un fossé entre les alliés”, commente Politico Europe, pour qui “Bruxelles craint que son partenaire et futur membre potentiel de l’UE ne se serve de médicaments nécessaires comme d’une arme et ne nuise ce faisant aux intérêts [des Vingt-Sept]”. Au total, 19 firmes – “pour la plupart européennes” – pourraient tomber sous le coup de la loi ukrainienne, ce qui représente un volume d’activité total de 1,7 milliard d’euros, selon une évaluation interne de la Commission européenne consultée par le journal.

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