Les médecins britanniques préfèrent partir travailler à l’étranger

Photo Pixabay/cc

La crise du système de santé britannique se traduit notamment par un exode de plus en plus alarmant des personnels hospitaliers alors que le NHS compte déjà plus de 100 000 postes vacants, alerte The Daily Telegraph.

Des statistiques du General Medical Council publiées ces derniers jours montrent que le nombre de jeunes médecins encore en formation qui tentent d’obtenir le certificat leur permettant d’aller travailler à l’étranger a augmenté de 25 % en un an. “L’année dernière, 6 950 demandes ont été agréées contre seulement 5 576 en 2021. Un quart de ces demandes ont ciblé l’Australie.”

L’un des plus importants fournisseurs de soins de santé australien, le St. John of God Healthcare, organisation à but non lucratif qui gère des dizaines d’établissements de santé publics et privés, vient d’ailleurs de mener une campagne au Royaume-Uni pour recruter deux cents médecins britanniques.

“Nous ne pouvons plus soigner nos patients”

Fin décembre 2022, un sondage effectué par la British Medical Association (BMA) auprès de 4 500 jeunes médecins montrait déjà qu’un tiers d’entre eux avaient l’intention de partir exercer à l’étranger dès cette année, l’Australie et la Nouvelle-Zélande constituant leurs destinations préférées. Plus de 80 % d’entre eux mettaient en cause les salaires insuffisants et les mauvaises conditions de travail.

“Partir en Australie signifie bénéficier de meilleurs horaires de travail, d’un meilleur équilibre travail-vie personnelle, d’un meilleur salaire et en fin de compte d’un meilleur mode de vie. Le système de santé britannique est à bout de souffle. Les urgences sont débordées, nous manquons de lits d’hôpitaux, nous ne pouvons plus soigner convenablement nos patients”, témoigne un étudiant en médecine dans le magazine The Spectator.

Pour les généralistes étrangers, des règles “absurdes”

Mais il n’y a pas que les urgences qui manquent de praticiens au Royaume-Uni : la pénurie affecte aussi les médecins généralistes, rapporte le Financial Times. Selon le docteur Kieran Sharrock, de la British Medical Association, rien qu’en Angleterre les cabinets ont perdu près de 2 000 postes de généralistes depuis 2015. Il appelle le gouvernement à faciliter d’urgence l’installation de médecins étrangers en simplifiant la procédure d’obtention des visas.

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