Médecine de guerre : "La ligne de front est à 100 kilomètres puis, trois heures après, elle est devant votre hôpital"

Dmytro Smolyenko / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Après avoir formé plus de 34.000 médecins en Syrie, le Pr Raphaël Pitti est désormais engagé auprès du personnel de santé ukrainien. Cet anesthésiste-réanimateur de formation nous explique en quoi consiste la médecine de guerre actuellement et comment elle a évolué.

Une équipe de médecins et infirmiers ukrainiens ont été exceptionnellement autorisés à venir passer une semaine en France pour être formés à la médecine de guerre. Organisé en partenariat avec La Chaîne de l’espoir (association humanitaire), ce séjour leur a permis de repartir en Ukraine pour former à leur tour du personnel de santé. Le Pr Raphaël Pitti, anesthésiste-réanimateur et responsable de l'association UOSSM France (Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux), est à l'origine de cette initiative. Agrégé en médecine d'urgence et de catastrophe, il a passé plus de 10 ans à former des médecins lors de la guerre en Syrie, y compris dans les zones où Daech sévissait. Ancien médecin militaire et professeur à l'hôpital du Val-de-Grâce, il nous explique en quoi consiste la médecine de guerre et comment elle a évolué au fil du temps.

Sciences et Avenir : Comment s'est passée la formation des médecins à Metz ?

Pr Raphaël Pitti : Elle a été compliquée à mettre en place. Dix personnes, des anesthésistes-réanimateurs, une infirmière anesthésiste et un chirurgien traumatologue ont pu venir jusqu'à nous en bus. Il a fallu se battre pendant des semaines pour cela, car les hommes n'ont pas le droit de sortir du pays sauf s'ils sont mariés et ont 4 enfants ou s'ils ont plus de 60 ans. Une personne n'a finalement pas pu nous rejoindre. Ils sont maintenant de retour en Ukraine, où ils vont eux-mêmes former du personnel au sein d'un centre qui sera bientôt ouvert, installé dans un ancien lycée.

Comme forme-t-on à la médecine de guerre ?

La notion essentielle, c'est qu'on ne peut pas sauver tout le monde, mais qu'il faut sauver un maximum de gens. Il s'agit de s'approprier des protocoles face aux situations de crise. Face à des situations où les blessés arrivent en nombre, il faut avoir un processus quasi algorithmique pour trier les malades, connaître les délais de prise en charge et les stabiliser. L'idée est de distinguer ce qui est urgent de ce qui ne l'est pas et d[...]

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