La mère de Valérie Bacot parle d'"amour" avec son mari proxénète

·3 min de lecture
Valérie Bacot, à son arrivée devant les assises de Saône-et-Loire, le 21 juin 2021

La mère de Valérie Bacot, jugée pour avoir assassiné son mari violent et proxénète, a assuré mercredi devant les assises de Saône-et-Loire qu'une relation "amoureuse" existait entre sa fille et son bourreau.

"Je serais tentée de dire +amoureuse+", a répondu Joëlle Aubague, 65 ans, à la présidente de la cour, Céline Therme, qui lui demandait comment on pourrait qualifier la relation entre Valérie Bacot et son mari, Daniel Polette, pourtant son violeur et proxénète.

Valérie Bacot, 35 ans à l'époque des faits, encourt la perpétuité pour avoir assassiné d'une balle dans la nuque, le 13 mars 2016, Daniel Polette, alors âgé de 61 ans, un mari qui la battait et la prostituait.

Il avait déjà été condamné en 1995 pour avoir agressé sexuellement Valérie Bacot, qui avait 12 ans et était alors la fille de sa compagne, la mère de Valérie. Mais, après avoir purgé sa peine, il est revenu au domicile familial en septembre 1997: Valérie Bacot est tombée enceinte de lui et l'a suivi en s'installant en couple avec son violeur.

Un des "nombreux dysfonctionnements" des autorités qui ont poussé Me Nathalie Tomasini, une des avocates de Mme Bacot, à assigner l’État en justice pour "faute lourde".

"Valérie voulait" que Daniel Polette revienne "à la maison", assure à la barre sa mère Joëlle. Selon elle, Valérie Bacot avait déjà dit, quand son violeur a été jugé: "Je ne lui en veux pas. Je ne veux pas qu'il aille en prison".

- "Rester avec mon homme" -

"Je veux rester avec mon homme", avait écrit Valérie Bacot, alors presque majeure, dans une lettre écrite à sa mère à l'époque. "Je veux vivre MA VIE, ça ne te regarde pas", a-t-elle aussi rapporté.

"J'ai été naïve. On donne une deuxième chance. Oui, ce n'était peut-être pas normal", tente de se justifier Joëlle Aubague, assurant avoir "découvert" le viol de sa fille par son compagnon "quand les gendarmes ont débarqué un matin". "J'étais atterrée", assure la mère.

Mais "vous étiez sa mère! Comment avez-vous pu emmener cette enfant chez son bourreau ?", s'emporte Me Tomasini en évoquant les visites de Mme Bacot dans la prison où était son violeur. "C'est elle qui voulait", assure la mère. "Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?", crie l'avocate. "Je n'ai rien imposé", affirme Joëlle Aubague, démentant toute "jalousie" envers sa propre fille.

La mère restera sans mots quand l'avocate lui annoncera que sa fille vient de déposer plainte contre elle pour "complicité de viol par omission".

"Je voudrais bien pouvoir faire marche arrière", lâche la mère, avouant n'avoir pas été "parfaite" mais n'avoir jamais chassé sa fille du domicile familial quand elle est tombée enceinte.

"Valérie a cru comprendre que je voulais qu'elle parte mais non", dit-elle, jurant ses grands Dieux que c'était Daniel Polette qu'elle voulait faire partir.

Le procès à Chalon-sur-Saône doit s'achever vendredi.

lv/mb/bow

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles