Une mère en grève de la faim pour demander le rapatriement de sa fille détenue en Syrie

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Une dizaine de Françaises détenues dans des camps gérés par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie ont entamé une grève de la faim dimanche pour être rapatriées en France. En tout, elles sont près de 80 à avoir rejoint le groupe EI et à être aujourd'hui emprisonnées en Syrie, avec quelque 200 enfants. Malgré les alertes de plusieurs agences onusiennes sur le danger encouru dans ces camps insalubres, la France n'a rapatrié qu'une trentaine d'enfants. Une mère a elle aussi décidé de cesser de s'alimenter pour obtenir le retour de sa fille et de ses quatre petits-enfants.

Chaque semaine ou presque, la fille de Pascale Descamps envoie à sa mère un message vocal. La jeune femme a rejoint le groupe État islamique en 2015. Elle est aujourd'hui emprisonnée dans le camp kurde de Roj, en Syrie. Et les nouvelles sont très inquiétantes : « Cela fait un petit moment que je suis malade, mais je ne voulais pas t’en parler parce que je ne sais même pas ce que j’avais. En fait, j’ai une tumeur dans le colon. Je suis désolée de te l’annoncer comme ça, mais je ne sais pas si je peux te reparler après. »

Démunie face à la détresse de sa fille, Pascale Descamps ne se nourrit que d'eau sucrée et de tisanes depuis plus de trois semaines. Elle est épuisée, souffre de maux de tête, mais assure qu'elle tiendra le coup pour sortir sa fille et ses petits-enfants de l'enfer dans lequel ils sont plongés depuis deux ans : « Il n’y a pas de médicaments. J’ai mon petit-fils de deux ans et demi qui a eu des boutons pendant deux mois et demi. Il n’a jamais eu de traitement. On n’a jamais su ce qu’il avait, raconte-t-elle. Par exemple, ils sont restés longtemps avec des vêtements d’été alors qu’il commençait à faire très froid. L’eau n’est pas potable, donc ils ont tous des gastro-entérites qui deviennent des maladies des intestins chroniques. C’est ça les conditions de vie. Ma fille est emprisonnée et mes petits-enfants aussi. Cela est lamentable, les enfants n’ont rien à faire en prison. Et si ma fille est responsable, qu’attend-on pour la juger ? »

La jeune femme de 32 ans fait l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par des juges français. Pascale Descamps ne demande que son application, malgré les conséquences qui l'attendent en France : la prison sûrement pour sa fille, le placement en institution dans un premier temps pour ses petits-enfants.