Mère au profil inquiétant, ruse des ravisseurs: ce que l'on sait de l'enlèvement de Mia

Hugues Garnier
·4 min de lecture
La maison de la grand-mère de Mia dans le village des Poulières, là où la fillette a été enlevée par deux hommes mardi en fin de matinée. - BFMTV
La maison de la grand-mère de Mia dans le village des Poulières, là où la fillette a été enlevée par deux hommes mardi en fin de matinée. - BFMTV

Voilà plus de 24h qu'elle est désormais introuvable. Mia, âgée de 8 ans, a été enlevée mardi en fin de matinée dans les Vosges. Des faits qui ont motivé les autorités à activer le dispositif Alerte enlèvement, levé dans la nuit de mardi à mercredi alors que la fillette n'a pas encore été retrouvée.

• Comment s'est déroulé l'enlèvement?

Il est 11h30 environ ce mardi, lorsque deux hommes sonnent à la porte de la grand-mère de Mia Montemaggi, dont le domicile se trouve dans le village des Poulières, dans le département des Vosges.

"Ils se présentaient comme des professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse et plus exactement du STEMO (le service territorial éducatif du milieu ouvert), munis de papiers à l'entête du ministère de la Justice. Ils demandaient à pouvoir réaliser une visite inopinée du logement et à pouvoir conduire l'enfant à un rendez-vous au sein de ce STEMO", a détaillé au cours d'une conférence de presse Nicolas Heitz, le procureur de la République d'Épinal.

Ce n'est qu'après leur départ avec la jeune fille que la grand-mère, "prise d'une mauvaise intuition", a contacté le STEMO, qui lui a indiqué qu'aucun éducateur ne devait se présenter à son domicile ce jour-là.

Les services éducatifs ont alors immédiatement contacté le parquet, qui a ouvert une enquête dont s'est saisie la section de recherches de Nancy et la brigade de recherche de la compagnie de Saint-Dié-des-Vosges.

• Qui sont les trois ravisseurs?

Si deux hommes se sont présentés au domicile de la grand-mère, cette dernière affirme qu'ils étaient trois, le dernier étant resté à bord du véhicule les transportant.

Le premier individu est décrit comme âgé de trente ans environ, 1m80, portant un tatouage en forme de croix au niveau du cou, les cheveux courts foncés, porteur d'un pantalon foncé et d'une chemise blanche. Le deuxième homme, âgé de moins de trente ans et un peu plus petit que le premier, était lui porteur de cheveux aux racines foncées mais avec des mèches blondes. Le troisième homme serait âgé de plus de 35 ans et a les cheveux grisonnants.

S'agissant du véhicule dans lequel ils ont embarqué Mia, c'est un transporteur de la marque Volkswagen de couleur gris anthracite et en bon état.

• Que sait-on de la mère de Mia, elle aussi recherchée?

La mère de Mia, Lola Montemaggi, demeure à Épinal "mais ne se trouve plus à son domicile", a indiqué le procureur de la République. Âgée de 28 ans et mesurant 1m70, elle est présentée comme "mince", ayant des cheveux châtains clairs mi-longs et portant deux tatouages représentant des étoiles à l'intérieur d'un poignet. Elle est également propriétaire d'un véhicule Peugeot 207 de couleur noire.

Le parquet d'Épinal avait été informé à la fin du mois de décembre d'un signalement indiquant que Mia était confrontée "à la violence de sa mère à l'endroit de son conjoint, à ses propos suicidaires et à son refus de sa scolarisation malgré le rejet d'une demande d'instruction à domicile".

"Madame Montemaggi a adopté devant le juge des enfants le 11 janvier une posture préoccupante: elle disait être malade, ne pas souhaiter que l'on s'immisce dans sa vie ni celle de sa fille, en arguant une position de rejet de la vie en société", évoque encore Nicolas Heitz.

Mia avait alors été confiée à sa grand-mère "en qualité de tiers digne de confiance" le 13 janvier dernier, par décision du juge des enfants d'Épinal. Lola Montemaggi n'avait alors plus le droit de voir sa fille seule. La mère de famille avait par ailleurs indiqué vouloir vider son appartement, vendre ses meubles avec pour projet de partir en camping-car avec sa fille, dans le but de passer "en dessous des radars de la société". Elle ne répondait plus depuis janvier aux convocations des services de la protection judiciaire de la jeunesse, ni même à celles du juge des enfants.

• Pourquoi l'Alerte enlèvement a-t-elle été levée?

Déclenché mardi soir à 21h, le dispositif Alerte enlèvement a finalement été levé au bout de trois heures, même si Mia n'a pas été retrouvée.

"Cette échéance étant intervenue après minuit, je n'ai pas jugé utile de demander la poursuite de la diffusion du message selon les formes du dispositif Alerte enlèvement", s'est justifié le procureur de la République, estimant que l'objectif avait été atteint. "30 signalements sont parvenus dans la nuit et ont fait l'objet de vérifications systématiques par les services d'enquête", a précisé Nicolas Heitz.

Article original publié sur BFMTV.com