Lyon : la municipalité va adopter un "budget genré", une première en France

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Grégory Doucet, le maire de Lyon

À compter du 25 mars prochain, aucune ligne du budget de Lyon, dirigé par le maire écologiste Grégory Doucet, ne devra favoriser plus les hommes que les femmes. Ce "budget genré" inédit en France à cette échelle sera voté le 25 mars prochain.

Après avoir vivement critiqué le Tour de France et supprimé la viande dans les cantines, le maire écologiste de Lyon Grégory Doucet continue de faire beaucoup parler. L’édile, élu à la tête de la troisième ville de France en 2020, va devenir le premier maire de France à adopter un budget entièrement "genré" dans l’Hexagone. 

Destinée à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, la mesure sera votée le 25 mars prochain. Objectif : s’assurer qu’aucune dépense n’entraîne de stéréotypes ou d’injustices entre les deux sexes. En résumé, toutes les lignes de dépenses seront examinées à la loupe pour voir si elles favorisent plutôt les femmes ou les hommes.

"Dans la culture, on peut analyser qui visite les expositions, et si les hommes sont moins nombreux les encourager à aller au musée. Il faut aussi faire attention à exposer autant d'artistes femmes que d'artistes hommes", résume Audrey Hénocque, première adjointe écologiste de la ville, sur LCI.

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Rennes va suivre

Selon la première adjointe au maire de Lyon, un rééquilibrage est loin d'être superflu. "Les villes ont beaucoup été dirigées par des hommes, l’urbanisme pensé par des hommes. Il faut prendre conscience que l’action publique n’est pas neutre et qu'il y a des déséquilibres", affirme-t-elle. "Ce n’est pas comme si nous sortions une nouvelle enveloppe, un budget pour les femmes. Il s’agit de vérifier que nous ne créons pas d'inégalités dans l’action municipale, et orienter les futures dépenses", développe Audrey Hénocque.

Créée en 1984 en Australie, l’idée d’un "budget genré" existe déjà dans quelques pays, notamment en Europe. L'Autriche, la Belgique ou encore l'Islande l'ont déjà adopté. En France, des villes comme Brest, Montreuil et Ivry-sur-Seine s’y sont mises mais pas encore à 100% comme Lyon s’apprête à le faire. Le budget examiné par la municipalité lyonnaise, avec l'aide d'un cabinet spécialisé, avoisine les 800 millions d'euros.

D'autres grandes métropoles françaises suivront-elles ? Après la capitale de la gastronomie, la mairie socialiste de Rennes devrait lui emboîter le pas quatre jours plus tard.

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