Lyon : l'étudiant qui s'était immolé par le feu pour dénoncer la précarité étudiante sort du silence

Cyrielle Cabot
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Rassemblement d'étudiants à Lyon devant un campus du CROUS, le 12 novembre 2019, après qu'un étudiant de 22 ans se soit immolé - Philippe Desmazes / AFP
Rassemblement d'étudiants à Lyon devant un campus du CROUS, le 12 novembre 2019, après qu'un étudiant de 22 ans se soit immolé - Philippe Desmazes / AFP

Anas s'était immolé par le feu en novembre 2019 devant le siège du Crous à Lyon pour dénoncer la précarité subie par les étudiants.

Le 8 novembre 2019, Anas, un étudiant de 22 ans s'immole devant le siège du Crous à Lyon pour dénoncer la précarité étudiante. Sur une lettre postée sur les réseaux sociaux, il évoque alors des difficultés financières avec seulement 450 euros par mois. Un an après, le jeune homme publie une longue missive sur Facebook dans laquelle il revient sur son geste et donne des nouvelles de son état de santé.

"Je tenais d'abord à remercier les personnes qui se sont mobilisées suite à cela (...), notamment les militants et militantes politiques et syndicaux, qui ont agi pour donner un sens à mon geste", commence-t-il. De nombreux étudiants s'étaient en effet rassemblés à Lyon et Saint-Etienne dans les jours suivants le drame, en soutien au jeune homme.

"Je traversais une période difficile"

"Je suis conscient de la gravité de mon acte désespéré. Je traversais une période difficile sans emploi stable, sans logement étudiant et sans bourse universitaire", poursuit-il. Et de féliciter : "cela aura au moins permis quelques avancées telles que les repas des Restau U à 1€, même s'ils ne s'adressent qu'aux boursiers et boursières."

Brulé au troisième degré sur 75% du corps, Anas a dû être amputé sur plusieurs doigts. Au total, il aura passé cinq mois dans le coma, au service des grands brûlés de l'hôpital Edouard Herriot où il dû subir 48 opérations.

Aujourd'hui, le jeune homme est toujours hospitalisé pour poursuivre sa rééducation. "Un an après, j'ai encore des plaies ouvertes et j'entame de nouvelles opérations", explique-t-il. "Je gagne cependant de jour en jour en autonomie: je parle de nouveau depuis mai, je marche très bien et j'arrive à écrire correctement des textes malgré mes amputations".

Reprise d'études

À la rentrée, le jeune homme a néanmoins pu reprendre ses études à l'université Lyon 2, annonce-t-il, en suivant les cours à distance. Et petit à petit, il reprend aussi ses activités liées au syndicalisme étudiant.

"Ce n'est pas dans la passivité qu'on arrive à défendre, et encore moins à gagner, de bonnes conditions de vie. Cela est encore plus vrai au temps où les populations les plus précaires sont bouleversées par la maladie du coronavirus", défend-il, toujours décidé à faire bouger les choses.

Article original publié sur BFMTV.com

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