Lyon : une enseignante suspendue pour un masque arc-en-ciel

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Une enseignante du Rhône s'est vue interdite de cours pour un masque arc-en-ciel

À Sain-Bel, près de Lyon, une professeure de lettres s’est vue interdite de cours par sa proviseure parce qu’elle portait un masque aux couleurs arc-en-ciel de la lutte LGBTQIA. Le rectorat aurait craint que cela n’incite les élèves à “certaines pratiques”.

Le port du masque peut causer des problèmes inattendus. Surtout s’il est aux couleurs de l’arc-en-ciel symbolisant la lutte pour les droits des personnes LGBTQIA, comme le raconte Libération sur son site. Une professeure de lettres du lycée Germaine-Tillion, à Sain-Bel, dans le Rhône, s’est vu interdite de cours parce qu’elle portait un tel masque pendant qu’elle enseignait.

C’est la proviseure de l’établissement qui est à l’origine de cette initiative douteuse. Après une première matinée où la professeure portait ledit masque, elle lui aurait demandé oralement de le retirer au prétexte de la neutralité du service public et lui en aurait proposé un blanc. Le lendemain matin, elle attendait devant l’établissement pour vérifier que l’enseignante ne portait plus de masque avec la bannière LGBTQIA. Puisque c’était le cas, elle lui aurait fait signer un rapport et l’aurait renvoyée chez elle.

Des suites au rectorat

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Comme le raconte ensuite Libération, la professeure de lettres a ensuite été convoquée à un entretien avec un représentant du syndicat SUD éducation, deux responsables des ressources humaines du rectorat et le référent académique "Valeurs de la République". Au cours de ce dernier, elle rapporte que ce masque aurait été qualifié de provocation et qu’on lui aurait vivement conseillé de ne plus le porter. 

Pire encore, le référent académique aurait dit craindre que le port de ce masque incite ses élèves à “certaines pratiques, à prôner une certaine sexualité”. Une analyse d’autant plus ironique que le lycée Germaine-Tillion célébrait quelques jours plus tard la journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et les discriminations liées aux identités de genre, le 17 mai et que des affiches arc-en-ciel trônaient partout dans l’établissement.

L'enseignante a demandé sa mutation

La professeure a demandé un recours pour pouvoir porter son masque ainsi qu’une mutation dans un autre établissement. De son côté, le rectorat de Lyon dément avoir interdit le port de ce masque. Selon la justice française, le drapeau LGBTQIA ne s’oppose d’ailleurs pas à la neutralité du service public, comme l’a rappelé le syndicat enseignant SUD éducation.

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