A Lyon, le Centre Chorégraphique National et un réseau de salles de théâtre viennent en aide aux artistes touchés par la crise

A Rilleux-la-Pape, près de Lyon, des danseurs permanents du Centre Chorégraphique National (CNN) créé par Maguy Marin en 2006 et dirigé depuis 2011 par le chorégraphe israélien Yuval Pick donnent des cours gratuitement à d'autres danseurs qui n'ont plus de lieux pour répéter. Côté théâtre, les huit salles du réseau "Scènes Découvertes", proposent des résidences gratuites à de jeunes compagnies locales. Sur un terrain multisport, en plein air, pas de joueurs de basket ou de football mais des danseurs en plein cours. Les enseignants du jour sont des professionnels du CCN et les élèves de jeunes danseurs de la Métropole de Lyon, qui n'ont plus de lieu pour travailler depuis le mois de mars. "On n'a pas pu danser pendant deux mois, on n'a pas pu s'entraîner ou alors tout seuls chez nous", raconte Eve Bouchelot, l'une des participantes. "Du coup, c'est une super opportunité de pouvoir danser tous ensemble, d'avoir des cours de qualité". Yuval Pick à l'origine de cette initiative 2020 devait être une belle année pour la danse à Lyon, avec la tenue de la Biennale, événement international auquel participe activement le CCN. L'édition a été reportée à l'an prochain. Un grand vide pour toutes les compagnies qui ont annulé ce rendez-vous et bien d'autres dates. Un temps libre contraint mis à profit par le chorégraphe Yuval Pick, qui a pris à Rillieux-la-Pape la succession de Maguy Marin en 2011. "On a senti une vraie nécessité des danseurs de continuer à pratiquer, à s'entraîner" dit-il. "C'était très violent de tout arrêter, notamment pour les danseurs. Car la danse est un art collectif". Des salles mises à disposition de jeunes compagnies Un élan solidaire partagé par d'autres acteurs culturels de la Métropole. Ainsi le théâtre des Marronniers, comme sept autre salles lyonnaises faisant partie du réseau "Scènes découvertes" et qui n'ont pas encore rouvert leurs portes, propose des résidences gratuites aux artistes émergents. Neuf compagnies vont pouvoir bénéficier d'une structure professionnelle jusqu'a la fin du mois de juillet pour développer des projets et organiser des répétitions dans des "vraies" salles. "Il y a une grande précarité pour les artistes en devenir qui travaillent sur des spectacles qui ont été arrêtés. On tend la main à ces artistes" explique Vincent Fleurot, le coordinateur du Théâtre des Marronniers. Une crise difficile pour le monde culturel mais qui aura vu de beaux moments de partage et de solidarité entre les artistes.