Lyon, Bordeaux, Strasbourg... La vague verte déferle sur les municipales

Ivan Valerio
Jeanne Barseghian, vainqueur à Strasbourg. - PATRICK HERTZOG

En 2014, les écologistes se réjouissaient de remporter Grenoble. Cette année, pour le second tour des municipales, la vague écologiste est d'une toute autre ampleur. Le mouvement s'impose dans des villes majeures.

Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Annecy, ou encore Tours. La liste des villes dans l'escarcelle des écologistes est impressionnante. Pour l'eurodéputé et leader des écologistes Yannick Jadot, "c'est le moment d'une écologie en action, il va falloir gérer ces villes, améliorer la vie quotidienne", assure-t-il.

"C'est un tournant dans la vie politique de ce pays, c'est le moment de l'écologie", veut croire le député européen.

A Lyon, seconde ville de France, la victoire est particulièrement symbolique. Le candidat écologiste Grégory Doucet a remporté la mairie tenue par Gérard Collomb depuis 2001. Le successeur de l'ancien ministre, Yann Cucherat, allié avec la liste des Républicains, et Georges Képénékian, dissident LaREM, n'ont pas pu enrayer la poussée verte.

Une confirmation après les européennes

Autre vote symbolique: Bordeaux. La ville était dirigée par la droite depuis 1947. Dans la capitale girondine l'écologiste Pierre Hurmic devance Nicolas Florian, successeur d'Alain Juppé. Victoire du même ordre à Annecy où la gauche ne l'avait plus emporté depuis 1945. Dans la ville de Haute-Savoie, l'écologiste François Astorg a battu d'une très courte tête le maire sortant Jean-Luc Rigaut (UDI). A Strasbourg, Jeanne Barseghian l'emporte face à Alain Fontanel (LR) et Catherine Trautmann (PS).

Avec ces victoires, les écologistes confirment leur bonne forme des européennes de 2019. En France, EELV, mené par Yannick Jadot, avait rassemblé 13,48 % des voix.

"Une vague verte se lève en France", a aussi assuré la porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts Eva Sas.

Pour Bernard Sananès, président de l'institut Elabe, "la vague verte est l'événement politique de la soirée". "Elle se fait dans des dynamiques d'alliance à gauche qui redonnent espoir à une gauche qui depuis l'élection présidentielle avait connu beaucoup de déceptions", analyse-t-il. "Cette vague écologistes montre aussi une implantation locale, qui comptera pour les régionales et départements. C'est là l'échec de La République en marche".

Macron veut apporter "des réponses fortes"

Ce succès "est dans la lignée du ressenti de beaucoup de Français depuis maintenant des années. Et c'est très bien ainsi", a minimisé le ministre Julien Denormandie, sur CNews.

"L'écologie est extrêmement importante, encore plus aujourd'hui qu'hier; après, elle n'est pas la propriété d'un parti politique", a souligné ce proche d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron entend apporter des "réponses fortes" et "à la hauteur des enjeux et des attentes" en recevant lundi les membres de la Convention citoyenne pour le climat.

"La réponse sera à la hauteur des enjeux et des attentes des membres de la Convention et des Français", a indiqué l'entourage du président.

Article original publié sur BFMTV.com