Un lycée italien autorise le congé menstruel pour ses élèves

Des protections hygiéniques - Marco Verch - Flickr - Creative Commons
Des protections hygiéniques - Marco Verch - Flickr - Creative Commons

Chiara, 17 ans, a "toujours eu des règles douloureuses", lors desquelles elle ne peut "même pas sortir du lit". "J'ai pensé que je pouvais trouver une solution pour toutes les filles qui souffrent comme moi à chaque menstruation" explique à la Republicca l'adolescente qui est aussi représentante des élèves au conseil de son école, le lycée artistique Nervi-Servini de Ravenne, dans le nord-est de l'Italie.

Chiara a donc recueilli les témoignages de 16 de ses camarades qui souffrent aussi de règles douloureuses et les a présentés au conseil de son école, où sont présents des représentants du personnel de l'école et des parents. Elle a réussi à obtenir une modification du règlement du lycée, à 10 voix pour et trois contre.

Désormais, "les étudiantes atteintes de dysménorrhée", le terme désignant les menstruations douloureuses, se voient "reconnaître jusqu'à deux jours par mois de dérogation à l'obligation d'assiduité" en vigueur dans le lycée, rapporte le document de délibération du conseil de l'école publié sur le site de l'établissement.

Les lycéennes qui souhaitent obtenir cette sorte de congé menstruel doivent fournir un certificat médical par an attestant leur dysménorrhée qui les dispensera d'envoyer à chaque fois un justificatif d'absence signé par leur parent.

Un concept de plus en plus répandu

De plus en plus d'entreprises et d'organisations dans le monde commencent à tester ou à mettre en place le congé menstruel. En France, le Parti socialiste a par exemple annoncé fin décembre autoriser depuis le 7 novembre les salariées de son siège national à Ivry-sur-Seine à "prendre un jour de congé supplémentaire et facultatif pour faire face aux contraintes qu’elles rencontrent durant les périodes de menstruation".

Mi-décembre, en Espagne, les députés ont adopté en première lecture un projet de loi instaurant un congé menstruel. Le texte doit encore être voté par le Sénat. S'il était définitivement adopté, l'Espagne serait le premier pays européen à instaurer cette mesure, qui existe sous diverses formes au Japon ou en Corée du Sud par exemple.

Article original publié sur BFMTV.com