La luxation d’épaule:comment la traiter ? Quels sont les risques de récidive ?

© Unsplash - Nathz Guardia

Chaque semaine, le Dr Jean-Marc Sène, médecin du sport, présente sa chronique sport dans Priorité Santé. Cette semaine, il nous dit tout sur la luxation de l'épaule.

Pourquoi la luxation de l'épaule est si traumatisante ?

Une luxation de l'épaule correspond au déboîtement de l'humérus hors de sa cavité (la glène de l'omoplate). Elle survient après un traumatisme.

L'articulation de l'épaule est formée de l'extrémité supérieure de l'os du bras (tête de l'humérus), qui glisse dans une cavité peu profonde (la glène) située sur la scapula (l'omoplate). Plusieurs structures maintiennent l'articulation, comme des ligaments ou la capsule articulaire associée au bourrelet glénoïdien. La luxation de l'épaule correspond au déboîtement de la tête de l'humérus hors de la glène de la scapula. Selon la position de la tête humérale, on parle de luxation :

  • antérieure (95% des cas) : la tête de l'humérus se retrouve devant la glène de la scapula

  • postérieure (5% des cas) : la tête de l'humérus se retrouve derrière la glène de la scapula

  • inférieure (très rare) : la tête de l'humérus se retrouve en-dessous de la glène de la scapula

Plusieurs symptômes sont à noter :

  • La luxation de l'épaule se traduit par une douleur intense au niveau de l'articulation scapulo-humérale. La douleur peut se diffuser dans le bras. L'intensité est souvent telle qu'elle empêche tout mouvement du bras.

  • En cas de luxation de l'épaule, la tête de l'humérus sort totalement ou partiellement de la cavité glénoïdale de la scapula. Ce déplacement peut être visible par une déformation qui est généralement accompagnée d'un gonflement au niveau de l'épaule.

  • La luxation de l'épaule peut provoquer un étirement ou un déchirement des tissus aux alentours de l'articulation (ligaments, tendons, vaisseaux sanguins, nerfs…).

Comment cela se traite ?

Le chirurgien ou médecin va vérifier qu'aucune lésion vasculaire, nerveuse, articulaire n'est présente et va "réduire" la luxation pour remettre l'humérus en place. La réduction de l'épaule se fera de manière douce par un médecin entraîné après l'administration d'un traitement contre la douleur. En cas d'échec, il est parfois nécessaire d'endormir le patient pour le relâcher et ainsi réduire plus facilement son épaule.

Il existe différentes méthodes permettant de réduire une épaule en fonction des habitudes du médecin.

Et après ?

Attelle

Après une première luxation, l'épaule est immobilisée pendant trois semaines dans une attelle coude au corps. Il est important de respecter ce délai pour que les ligaments cicatrisent. Il est néanmoins possible de bouger le coude, le poignet et la main immédiatement afin d'éviter leur enraidissement.

S'il s'agit d'une récidive de luxation, alors la durée d'immobilisation est plus courte (de quelques jours), car il est illusoire de faire cicatriser les structures anatomiques qui n'ont pas déjà cicatrisées après la première luxation.

Rééducation d'une luxation de l'épaule non opérée (kiné)

Après la réduction de l'épaule et la période d'immobilisation de trois semaines lors d'un premier épisode, une rééducation pourra être proposée avec un kinésithérapeute afin d'assouplir l'épaule et de retrouver de la mobilité et par la suite tenter de la stabiliser. En cas de récidive de luxation, la rééducation pourra débuter au bout de quelques jours.

Cela peut récidiver ? Quand envisage-t-on l'opération ?

Plus la première luxation survient jeune, plus le risque de récidive est élevé. Par exemple, lorsque la première luxation survient avant 18 ans, le risque de récidive est de 80%. Après 40 ans, les récidives sont rares. Les récidives surviennent au fil du temps avec un traumatisme de moins en moins important.

Habituellement, après trois épisodes de luxation, il faudra intervenir chirurgicalement afin d'éviter une récidive, mais également une usure progressive du cartilage et la survenue d'une arthrose éventuellement à long terme. Parfois, une chirurgie est proposée au patient avant le 3ème épisode de luxation. Des facteurs de risque de récidive sont identifiés par le médecin spécialisé :

  • son âge (< 18 ans),

  • sa pratique sportive (le judo et le rugby sont des sports à risque),

  • la présence d'une hyperlaxité

  • les lésions osseuses retrouvées lors du bilan radiologique.

S'ils sont présents chez le patient, le risque de récidive est alors très important et il est inutile d'attendre une 3ème luxation pour intervenir chirurgicalement. Le traitement proposé par le chirurgien de l'épaule se fera au cas par cas en fonction du patient et de ses facteurs de risque. Il existe 2 techniques chirurgicales pour stabiliser une épaule :

  • la butée osseuse qui consiste à positionner un bloc osseux de 2 cm de long en avant de la glène pour empêcher la tête humérale de sortir à nouveau

  • la retente de la capsule et du bourrelet glénoïdien : intervention de Bankart.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles