Comment lutter contre l'écart salariale entre hommes et femmes dans le monde ?

Comment lutter contre l'écart salariale entre hommes et femmes dans le monde ?

Le Japon envisage d'exiger des grandes entreprises qu'elles publient les écarts salariaux entre les hommes et les femmes, dans le but de surmonter les inégalités persistantes entre les sexes sur le lieu de travail.

Les entreprises seront tenues de divulguer le salaire des femmes en pourcentage de celui des hommes, sur leur site web ou ailleurs, en indiquant si les chiffres appartiennent à des employés permanents et non permanents. Toute raison légitime justifiant les disparités de rémunération entre les sexes devra par ailleurs être fournie.

Cette mesure a été annoncée dans le cadre du plan d'action du "nouveau capitalisme" du Japon, promu par le Premier ministre Fumio Kishida, et vise également à lutter contre la pénurie chronique de main-d'œuvre au Japon.

Les nouvelles règles s'appliqueront à toute entreprise publique ou privée qui emploie plus de 300 salariés. Près de 18 000 entreprises seront concernées et pourraient se voir ordonner de divulguer les informations dès cette année, selon Nikkei Asia.

Ces nouvelles mesures viennent s'ajouter à une liste de mesures que les entreprises japonaises doivent déjà respecter, telles que la publication du pourcentage de femmes cadres et de la différence de durée moyenne d'emploi entre les hommes et les femmes.

La législation japonaise stipule déjà que les femmes et les hommes doivent recevoir un salaire égal pour un travail égal.

Le Japon est à la traîne des autres pays du Nord dans ce domaine, les salaires des femmes ne représentant en moyenne que 78 % de ceux des hommes, contre une médiane de 88 % pour l'ensemble des pays de l'OCDE.

Les analystes attribuent cet écart de rémunération persistant à une série de problèmes, tels que le manque de femmes dans l'encadrement ou la faible rémunération de ces dernières en revenant d'un congé maternité.

L'écart de rémunération entre les sexes est un problème mondial

L'écart de rémunération entre les hommes et les femmes est un problème pressant dans le monde entier, de nombreux pays luttant encore pour parvenir à l'égalité salariale dans tous les domaines.

Aux États-Unis, l'écart salarial est resté relativement stable au cours des quinze dernières années, les femmes gagnant 84 % du salaire des hommes en 2020 - selon une analyse du salaire horaire médian des travailleurs à temps plein et à temps partiel réalisée par le Pew Research Center .

Cela équivaut à 42 jours de travail supplémentaires pour les femmes afin de gagner autant que les hommes en 2020.

En Europe, le salaire horaire brut des femmes était en moyenne inférieur de 13 % à celui des hommes dans l'Union européenne, et de 14,1 % dans la zone euro - selon les données publiées par Eurostat en 2020.

L'écart de rémunération entre les sexes le plus élevé de l'UE a été enregistré en Lettonie, avec 22,3 %, tandis que l'écart le plus faible a été constaté au Luxembourg, avec 0,7 %.

Que peut apprendre le monde du Luxembourg ?

En décembre 2016, le Luxembourg a promulgué une loi qui rendait illégal tout écart de rémunération entre les hommes et les femmes accomplissant la même tâche ou un travail de valeur égale.

Bien que le pays se targue d'avoir l'écart de rémunération le plus faible de l'UE, les défenseurs des droits affirment que des améliorations sont encore possibles. Si le nombre de femmes dans la population active luxembourgeoise est en hausse, il reste bien inférieur à celui des hommes.

L'UE fait également pression en faveur de la transparence des salaires

La législation est une pièce maîtresse du puzzle et en 2021 l'UE a approuvé une politique de "transparence salariale" similaire à celle annoncée au Japon, obligeant les employeurs comptant au moins 250 travailleurs à divulguer chaque année leurs écarts de rémunération entre les sexes.

Selon le projet de loi, les employeurs doivent partager ces informations salariales avec les autorités nationales compétentes et les fournir à leurs travailleurs et représentants du personnel.

Si ces informations révèlent un écart d'au moins 5 % entre le niveau de rémunération moyen des femmes et celui des hommes qui n'est pas justifié par des critères objectifs et non sexistes, les entreprises devront procéder à une évaluation conjointe des salaires en coopération avec les représentants de leurs travailleurs.

Article traduit de l'anglais

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