Lutte contre les shebabs en Somalie: les Américains égratignent les autorités

Les États-Unis viennent de sortir leur rapport annuel sur le contre-terrorisme. Un document qui évoque notamment la lutte contre les islamistes shebabs dans la Corne de l’Afrique. Le groupe terroriste a été impliqué dans plus de 1 000 actions violentes en 2019, en Somalie mais aussi au Kenya. Dans ce rapport, les Américains ne sont pas toujours tendres avec le gouvernement de Mogadiscio.

Avec notre correspondant régional à Nairobi,  Sébastien Nemeth

Même si les États-Unis décrivent toujours la Somalie comme un « partenaire engagé », leur rapport n’a rien de complaisant. Le pouvoir somalien est jugé toujours « fortement dépendant de ses partenaires étrangers » pour la sécurité. L’armée nationale elle « reste incapable de sécuriser seule son territoire et de reprendre des villes ». Résultat : les shebabs contrôlent toujours de grandes régions du sud et du centre de la Somalie. Des zones où ils se déplacent librement, prélèvent des taxes, recrutent, etc.

Mais le rapport a noté certaines choses positives quand même : la création du FRC, qui est un centre chargé de traquer les flux financiers illégaux. Il y aussi des lois contre le blanchiment d’argent, contre le financement du terrorisme, contre les transferts d’argent par téléphone, très utilisés par les islamistes.

Sur le terrain, Washington signale quelques opérations notables. Celles destinées à perturber la circulation de ce qu’on appelle les EEI, ces bombes laissées sur le bord de la route et déclenchées à distance. Et aussi des campagnes pour reprendre des territoires clés proches de la capitale.

Par exemple, l’opération Badbaado, qui a permis la reconquête de plusieurs villes servant de bases aux shebabs pour assembler du matériel, planifier et lancer des attaques. Elle continue d’ailleurs cette année.