Lutte anti-covid : la Thaïlande mène la danse

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La Thaïlande a tiré les leçons des pandémies précédentes en imposant une discipline de fer face au nouveau cluster.

C’est une terre de peu. Une forêt de pierres noires et de hautes herbes avec, çà et là, des épis de maïs sertis dans un interstice de terre arable, trésors blottis entre deux monolithes de karst. Une terre de pas grand-chose où les rayons ne moussent guère en cette fin de saison des pluies. Perché à 1 000 mètres d’altitude, au bout d’une enfilade de virages en épingle sur une route mal asphaltée, au milieu de forêts d’acacias, d’acajous et de cerisiers du Japon, Ban Sakad apparaît : un village oublié des touristes et des pouvoirs publics de la province de Nan, un des territoires les plus reculés de Thaïlande, aux confins du Laos.

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En ce petit matin blafard, elles sont cinq « long » (tantes, un terme qui désigne en thaï les dames d’un certain âge) à s’extraire d’un pick-up pour parcourir à pied les derniers hectomètres qui les séparent du village. Masque chirurgical et visière de protection sur le visage, toutes attifées d’une blouse couleur parme, ces « super mamies » font partie du réseau Aor Sor Mor, littéralement les agents de santé des villages. « Nous ne sommes ni médecins ni infirmières. Nous servons juste de lien entre les gens des campagnes et le monde de la santé. Comme ceux de Ban Sakad, qui vivent à 50 kilomètres du premier dispensaire », explique Piyachat Boonmul, alias Dao.

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Avec ses quatre « collègues », Som, Nin, Nok et Sopa, elles affichent toutes entre 67 et 75 ans mais débordent d’une énergie communicative, riant et saluant, par de larges moulinets des bras, les villageois qui les attendent. Ce matin, elles vont, comme à leur(...)


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