L'Union africaine réunie en sommet virtuel, consacré surtout à la lutte contre le Covid-19

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Le sommet de l'Union africaine a débuté samedi, pour deux jours de visioconférences consacrées à la lutte contre le Covid-19, l'approvisionnement vaccinal du continent, et aux nombreuses crises reléguées au second plan par le virus. Lors de ce sommet, le Tchadien Moussa Faki Mahamat a été réélu pour quatre ans à la tête de l'UA.

Les chefs d'État de l'Union africaine se réunissent, samedi 6 février, en visioconférence pour un sommet de deux jours, avec au programme des discussions autour de la pandémie de Covid-19. Organisé exceptionnellement en ligne pour éviter toute contamination, ce sommet de l'UA se déroule exactement un an après la détection d'un premier cas en Égypte.

Un difficile accès aux vaccins

À l'époque, l'arrivée de l'épidémie en Afrique avait fait craindre une explosion des fragiles systèmes de santé du continent – un scénario apocalyptique qui ne s'est pas réalisé. L'Afrique reste pour l'instant relativement épargnée par le nouveau coronavirus, avec 3,5 % des cas et 4 % des morts officiellement recensés dans le monde, selon le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l'UA (Africa CDC).

Mais de nombreux pays sont actuellement confrontés à une seconde vague préoccupante et ont du mal à accéder aux vaccins. Et les leaders africains se montrent de plus en plus agacés face à la course effrénée actuellement en cours, dans laquelle ils ne peuvent pas lutter à armes égales.

Dans une récente interview, le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, dénoncé le "nationalisme vaccinal" et les "pays riches qui s'arrogent la priorité, certains précommandant même plus que ce dont ils ont besoin".

Les débats à huis clos doivent démarrer samedi par une intervention du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, sur les efforts actuels du continent face à la pandémie. C'est le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, qui lui succèdera à la présidence tournante annuelle de l'organisation.

Le financement de la vaccination sur le continent doit également être abordé, selon le directeur de l'agence de santé publique de l'UA (Africa CDC), John Nkengasong.

L'enjeu est énorme : à raison de deux doses par personne, l'Afrique aura besoin d'1,5 milliard de doses pour vacciner 60 % de ses quelque 1,3 milliard d'habitants et espérer une immunité collective.

Des élections internes

Les États membres ont également été occupés par les élections internes à l'UA, un enjeu crucial pour déterminer sa capacité à faire face à la pandémie et affronter les défis du continent en matière d'économie et de sécurité.

Sans surprise, Moussa Faki Mahamat, ancien Premier ministre du Tchad, seul candidat à sa succession à la tête de la Commission, l'organe exécutif de l'Union, a été réélu pour quatre ans.

"51 des 55 tats membres ont voté pour un second mandat de Moussa Faki comme président de la Commission de l'UA", a annoncé sur Twitter sa porte-parole Ebba Kalondo.

Moussa Faki Mahamat est donc parvenu à réunir les deux tiers des suffrages nécessaires et à surmonter les accusations, qu'il rejette, "d'une culture de harcèlement sexuel, de corruption et d'intimidation au sein de la commission", selon l'International Crisis Group (ICG) dans une récente note de synthèse.

De son côté, le Nigérian Bankole Adeoye est perçu par plusieurs diplomates comme le favori pour prendre la tête d'une super commission regroupant Affaires politiques et département Paix et sécurité, mais les règles de l'UA qui imposent une répartition des postes clés entre les différentes régions d'Afrique pourraient faire mentir les pronostics.

Des crises en Afrique

Le gagnant de cette élection jouera un rôle crucial, aux côtés de Moussa Faki Mahamat, pour tenter de régler de nombreuses crises internes au continent que l'UA est accusée de négliger.

Le Conseil de Paix et de Sécurité n'a, par exemple, quasiment pas abordé le conflit entre le gouvernement camerounais et les séparatistes anglophones, ou l'essor inquiétant des islamistes radicaux dans le nord du Mozambique.

La crise au Tigré qui secoue depuis trois mois l'Éthiopie, pays qui abrite le siège de l'UA, fait elle partie des dossiers les plus sensibles. Dès le déclenchement des combats début novembre, Moussa Faki Mahamat avait appelé à la cessation des hostilités entre le gouvernement d'Addis Abeba et les autorités dissidentes du Tigré, une région du nord de l'Éthiopie. Mais le Premier ministre éthiopien et prix Nobel de la Paix 2019 Abiy Ahmed a refusé toute médiation de l'UA dans une opération "de maintien de l'ordre" relevant de la souveraineté du pays.

Ce sommet coïncide également avec l'annonce d'une nouvelle politique diplomatique des États-Unis par Joe Biden, qui souhaite renouer des liens avec les institutions multilatérales comme l'UA.

Dans une vidéo publiée vendredi, le nouveau président américain a promis que son administration va mettre en oeuvre "une diplomatie au long cours, en lien avec l'Union Africaine, pour faire face aux conflits qui font des victimes à travers l'ensemble du continent."

Avec AFP