La Lune a été beaucoup secouée depuis 4 milliards d’années

En étudiant les caractéristiques des cratères laissés par des impacts d’astéroïdes à la surface de la Lune — leur composition, leur taille ou même leur distribution —, les astronomes en ont appris beaucoup sur l’histoire de notre Système solaire tout entier. Cette fois, ils ont voulu aller plus loin. En explorant les effets que ces impacts ont pu avoir sur la Lune elle-même.

La Lune a basculé il y a plus de trois milliards d’années

Une équipe du GSFC (Goddard Space Flight Center) de la Nasa a tout simplement effacé des milliers de cratères. Avec dans l’idée de remonter le fil de 4,25 milliards d’années. Tout cela grâce à des simulations informatiques, bien sûr. Et ils ont découvert que notre Lune avait bien été secouée. Dans tous les sens. Sans pour autant que son axe de rotation bouge. Mais les emplacements de ses pôles nord et sud, eux, se sont, légèrement, mais bel et bien déplacés au cours de cette période. De 10° de latitude. Soit environ 300 kilomètres.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont travaillé sur quelque 5.200 cratères. Leur diamètre variant entre 20 et 1.200 kilomètres. Ils les ont pointés sur les cartes topographiques établies avec l’altimètre laser de la mission Lunar Orbiter (Lola). Puis, ils ont retrouvé leurs signatures gravitationnelles dans les données de la mission Gravity Recovery and Interior Laboratory (Grail) — elle a cartographié le champ gravitationnel de la Lune il y a quelques années.

Lorsqu’un astéroïde frappe la surface de la Lune, des dépressions sont créées. Des zones de masses inférieures. Et la Lune a tendance à se réorienter pour amener ces zones vers les pôles. Tout en poussant les zones de masse plus élevées vers l’équateur. C’est un peu ce qui se passe quand un pizzaiolo fait tourner sa pâte dans les airs pour l’étirer. © helen_f, Adobe Stock
Lorsqu’un astéroïde frappe la surface de la Lune, des dépressions sont créées. Des zones de masses inférieures. Et la Lune a tendance à se réorienter pour amener ces zones vers les pôles. Tout en poussant les zones de masse plus élevées vers l’équateur. C’est un peu ce qui se passe quand un pizzaiolo fait tourner sa pâte dans les airs pour l’étirer. © helen_f, Adobe Stock

Quelles conséquences pour l’eau des pôles ?

Enfin, les astronomes ont exécuté des simulations qui ont permis de supprimer ces signatures gravitationnelles une à une....

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