Lundi 6 novembre à 11h25 : pourquoi les femmes travaillent « gratuitement » à partir de ce moment

Pour illustrer les inégalités salariales entre les femmes et les hommes, la newsletter féministe « Les Glorieuses » a calculé que les Françaises travailleront « gratuitement » à partir de ce lundi 6 novembre.

Le sondage réalisé par l’IFOP pour Les Glorieuses montre que 41% des femmes ayant déjà été en couple ont connu au moins une fois des violences économiques.
Witthaya Prasongsin / Getty Images Le sondage réalisé par l’IFOP pour Les Glorieuses montre que 41% des femmes ayant déjà été en couple ont connu au moins une fois des violences économiques.

SALAIRES - Le calcul est symbolique, mais il dit beaucoup des inégalités femmes-hommes dans le monde du travail. Cette année, les Françaises vont « travailler gratuitement » à compter du lundi 6 novembre à 11 h 25, selon la lettre d’information féministe Les Glorieuses. En 2022, la date avait été arrêtée au 4 novembre.

La rédaction de cette newsletter calcule chaque année depuis 8 ans, sur le modèle du « jour du dépassement », la date et l’heure précises à partir desquelles les femmes travaillent pour du beurre, en s’appuyant sur les statistiques européennes sur l’écart de salaire entre les femmes et les hommes.

« En 2016, les femmes gagnent en moyenne 15,1 % de moins que les hommes en France (Eurostat). En 2023, 15,4 %. L’écart se creuse », souligne le collectif sur X (ex-Twitter).

Les militantes, qui relaient le hashtag #6novembre11h25, ont lancé une pétition pour réclamer la mise en place de trois politiques publiques visant à favoriser l’égalité salariale : appliquer le principe d’éga-conditionnalité - ce qui signifie conditionner l’accès aux marchés publics, l’obtention des subventions publiques au respect de l’égalité salariale au sein des entreprises -, revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses et soutenir un congé parental équivalent pour les deux parents.

41 % des femmes en couple ont subi des violences économiques

Dans le cadre de leur campagne annuelle, Les Glorieuses ont réalisé un sondage avec l’IFOP pour mettre en lumière la réalité des violences économiques faites aux femmes en France. Celui-ci révèle que 41 % des femmes ayant déjà été en couple ont connu au moins une fois ce type de violence conjugale, qui peut se traduire par exemple par un contrôle, un appauvrissement ou un manque à gagner qui peuvent aller jusqu’à la dépossession totale des moyens d’autonomie financière des femmes.

L’enquête révèle que 16 % des femmes ayant déjà été en couple au moins une fois subissent ou ont déjà subi un contrôle de leurs finances par leur partenaire. Les situations évoquées intègrent un vol d’argent (en liquide ou sur le compte bancaire) ou une saisie des revenus, un contrôle des dépenses, un blocage des cartes bancaires ou encore une opposition pure et simple au fait que la femme ait un compte bancaire personnel.

Selon l’étude, une femme a deux fois plus de chances d’être victime de violences économiques conjugales si elle gagne beaucoup moins que son conjoint. Le message de la newsletter Les Glorieuses est le suivant : « prévenez les violences économiques conjugales, payez les femmes justement en mettant fin aux inégalités salariales. »

Une porte d’entrée pour d’autres violences conjugales

 Autre chiffre parlant : une femme sur 3 ayant été victime de violences économiques a subi par la suite une autre forme de violences conjugales.

Les Glorieuses soulignent que les violences économiques conjugales peuvent être une porte d’entrée pour des violences conjugales - verbales, physiques et psychologiques. « Lutter contre les violences économiques conjugales est une manière de prévenir les autres types de violences conjugales », concluent-elles.

99 % des femmes victimes de violences économiques conjugales ont subi aussi d’autres formes de violences conjugales : les violences conjugales ont un caractère interdépendant et peuvent se cumuler.

Pour plus de deux femmes sur trois, ces différentes formes de violences ont ainsi été subies en même temps. « Ce fait laisse penser que des moyens de coercition moraux, psychologiques ou physiques sont employés par le partenaire violent pour exercer une forme de violence économique », souligne l’étude.

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