Lula vs Bolsonaro, ou l’appel aux urnes de deux Brésil

“E”

“Brésil contre Brésil”, titre cette semaine E, le supplément de l’hebdomadaire Expresso, dont la une jaune et vert, aux couleurs du pays, propose un morphing des visages des deux derniers candidats en lice : d’un côté, Luiz Inácio Lula da Silva, l’ancien président de gauche (2003-2011), favori des sondages ; de l’autre, Jair Bolsonaro, président d’extrême droite sortant.

Dès la manchette, le magazine portugais annonce les enjeux du scrutin prévu ce dimanche, après une campagne à couteaux tirés :

“Les Brésiliens savent déjà pour qui ils vont voter. Ou plutôt, ils savent surtout pour qui ils ne vont pas voter. Lula ou Bolsonaro, le choix n’a jamais été aussi facile. Ou difficile. Portrait d’un pays désespérément divisé.”

“Guerre civile non officiellement déclarée”

Sur ce contexte de clivage de l’électorat – une division telle qu’elle a “fracturé les familles, les sentiments et exacerbé les rancœurs” –, la journaliste Christiana Martins se fait un peu plus précise en préambule de son article intitulé “Le pays des rejetés” : “Dans ce pays qui est le premier exportateur mondial de viande, 33 millions de personnes souffrent de la faim, et les élections obligent la population à se regarder dans le miroir. Ce n’est pas seulement les riches contre les pauvres, les Blancs contre les Noirs, la gauche contre la droite, les évangéliques contre les catholiques. Ce sont les Brésiliens contre les Brésiliens.”

Beaucoup, d’ailleurs, apeurés par la violence quotidienne et croissante qui afflige le pays, ont décidé de le quitter pour rejoindre le Portugal notamment, où ils représentent de loin la première communauté étrangère. Au Brésil, déplore le magazine E, “les civils sont mieux armés que les policiers ne sont équipés”, et la campagne présidentielle a encore accentué les tensions dans un pays qui se transforme, petit à petit, en “un champ de mines, avec des zones interdites pour les uns et les autres” :

“Cette guerre civile qui n’est pas officiellement déclarée dure depuis des décennies. En partant d’inégalités économiques et sociales, elle a trouvé dans la politique un argument pour répandre la haine envers ceux qui pensent différemment.”

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