Lula investi face à “une marée rouge”

RICARDO MORAES / REUTERS

“Le jour est venu”, résume El Pais. Celui de l’investiture pour Lula. Vingt ans jour pour jour après le début du premier de ses trois mandats, Luiz Inacio Lula da Silva est redevenu président du Brésil. Une “résurrection politique”, rappelle le journal espagnol puisque “le leader le plus reconnu de la gauche latino-américaine” a séjourné 580 jours en prison entre avril 2018 et novembre 2019.

A Brasília, des milliers de sympathisants ont fait le siège devant le Parlement tôt dans la matinée, raconte la BBC. “Venus de loin pour voir leur leader investi mais aussi pour une fête”, précise le média britannique, décrivant deux immenses scènes aux couleurs du drapeau brésilien sur lesquels ont défilé une soixantaine d’artistes. L’événement a même été rebaptisé “Lulapalooza”.

Le Soir évoque “une marée rouge pour le retour de Lula”, rouge étant la couleur du parti des travailleurs. Dans cette “foule impressionnante”, manquait Jair Bolsonaro. Le prédécesseur de Lula, battu de deux millions de votes en octobre, refuse toujours de reconnaître sa défaite et a préféré partir en Floride vendredi pour ne pas assister à la cérémonie. Cette absence “a changé le protocole : ce sont plusieurs représentants de la société civile, dont un enfant, une femme noire, un ouvrier, un handicapé et le célèbre cacique Raoni qui ont passé l’écharpe présidentielle au leader de la gauche, donnant de suite des couleurs à l’événement, et montrant clairement au monde que la gauche était bien de retour aux affaires au Brésil”, raconte le quotidien belge.

Le contexte restait tendu malgré tout, des sympathisants de Bolsonaro continuant d’appeler au renversement du nouveau président par l’armée, souligne le Washington Post. La crainte d’un attentat n’a pas empêché Lula de se rendre au Parlement à travers les rues de la capitale brésilienne assis à l’arrière d’une Rolls-Royce décapotable de 1952, accompagné de sa femme et du vice-président élu Geraldo Alckmin.

Lutte contre la pauvreté et la déforestation

Après avoir prêté serment, le politicien de 77 ans “a immédiatement prononcé un discours emphatique avec un message dur contre son prédécesseur”, observe Clarin. Le quotidien du voisin argentin a retenu les mots “dévastation”, “démantèlement” et “destruction” prononcés pour décrire l’administration de M. Bolsonaro, dont Lula n’a par ailleurs jamais prononcé le nom.

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