Luiz Rocha, l’homme des abysses qui a découvert une cinquantaine d'espèces de poissons

© Franck Gazzola/ Rolex

Deux poissons portent son nom, l’un vit au large de l’île antillaise de Trinidad, le Sparisoma rocha, reconnaissable à son trait de mascara jaune sous l’œil ; l’autre, le ­Pempheris rochai, balade ses nageoires cuivrées dans le nord de l’océan Indien. Mais promis, Luiz Rocha n’y est pour rien : ce sont ses pairs qui ont choisi de les appeler ainsi en hommage à l’apport du Brésilien à l’ichtyologie, la science des poissons. Car à 49 ans, le chercheur, professeur à l’Académie des sciences de Californie, jouit d’une renommée mondiale. Et pour cause : il est l’un des rares scientifiques à s’aventurer à d’aussi grandes profondeurs.

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Son terrain de jeu ? La zone « mésophotique », située entre 50 et 150 mètres sous la surface. La lumière y est si faible, et les températures si froides, que les spécialistes ont longtemps pensé qu’elle abritait peu de vie. D’autant que pour y plonger, il faut avoir suivi une formation spécifique et être doté d’un appareil – un recycleur – qui permet certes de descendre dans les abysses, mais suppose de longs paliers de décompression à la remontée, entre cinq et six heures. Seuls quelques explorateurs et techniciens de travaux sous-marins s’y risquent, et chaque immersion coûte cher.

Découvrir et protéger des récifs méconnus

« C’est la raison pour laquelle ces récifs coralliens mésophotiques sont largement méconnus, observe Luiz Rocha. Pourtant, la vie y est très riche. » Ses plus de...


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