L'UE va renforcer le commerce avec Ankara, sans écarter des sanctions

par Robin Emmott
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L'UE VA RENFORCER LE COMMERCE AVEC ANKARA, SANS ÉCARTER DES SANCTIONS

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne ont concrétisé jeudi une promesse faite en 2016 de renforcer les liens économiques du bloc communautaire avec la Turquie, mais ils ont aussi prévenu Ankara de s'attendre à des sanctions s'il reprenait ses activités d'exploration en Méditerranée orientale.

"Nous appelons la Turquie à s'abstenir de nouvelles provocations ou d'actions unilatérales en violation du droit international", ont les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion par visioconférence, indiquant qu'ils évalueraient les progrès en juin.

Pour remercier le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a fait marche arrière sur les explorations gazières turques pour éviter une confrontation, l'UE va désormais entamer les préparatifs en vue d'une union douanière approfondie avec la Turquie.

Les dirigeants de l'UE ont déclaré dans le communiqué que leurs experts pouvaient "travailler sur un mandat pour la modernisation de l'union douanière" afin de permettre à l'accord commercial datant des années 1990 d'être étendu au secteur des services, aux produits agricoles et aux marchés publics.

Une telle expansion ferait de la Turquie, candidate à une intégration dans le bloc communautaire, un membre à part entière du principal marché unique au monde.

Ce projet remonte à 2016, lorsqu'Ankara avait accepté d'accueillir les réfugiés syriens fuyant la guerre afin d'éviter une migration massive en Europe, mais un éventail de contentieux entre la Turquie et l'UE - sur les droits de l'homme et sur sa candidature pour rejoindre le bloc, notamment - ont poussé Bruxelles à geler l'initiative.

Il se pourrait que les négociations s'étendent encore sur plusieurs années, et l'UE reste préoccupée par l'hypothèse que Recep Tayyip Erdogan change de ligne de conduite du fait de sa volonté de conférer à la Turquie un rôle régional plus important - des efforts qui viendraient s'opposer à l'UE.

Ankara a accusé mercredi Bruxelles de "gagner du temps" et a décrit les discussions sur de possibles sanctions comme inutiles et une distraction entre les deux partenaires commerciaux.

Mais les diplomates européens restent méfiants, notamment après que Recep Tayyip Erdogan a brusquement retiré ce mois-ci la Turquie d'une convention européenne contre les violences faites aux femmes.

(version française Jean Terzian)