L'UE interdit le survol de son espace aux compagnies biélorusses

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L'UE INTERDIT LE SURVOL DE SON ESPACE AUX COMPAGNIES BIÉLORUSSES

par Robin Emmott et Joanna Plucinska

BRUXELLES/VARSOVIE (Reuters) - Les compagnies biélorusses vont être interdites d'entrer dans l'espace aérien de l'Union européenne à compter de vendredi, ont annoncé les Vingt-Sept.

"Les États membres de l'UE seront tenus de refuser l'autorisation d'atterrir sur leur territoire, d'en décoller ou de le survoler à tout aéronef exploité par des transporteurs aériens (biélorusses), y compris en tant que transporteur commercial", déclarent les gouvernements de l'UE dans un communiqué.

Cette mesure s'inscrit dans le cadre des sanctions économiques contre la Biélorussie, qui a forcé le 23 mai, sur ordre du président Alexandre Loukachenko, un avion de Ryanair transportant un opposant à atterrir à Minsk.

Elle doit entrer en application à compter de minuit (22H00 GMT).

L'Union européenne recommande par ailleurs, sans toutefois l'interdire, aux compagnies aériennes du bloc d'éviter de survoler l'espace aérien biélorusse.

Cette recommandation est critiquée par l'Association du transport aérien international (Iata), qui estime que cela rendra les vols vers l'Asie plus longs et plus coûteux.

Plusieurs compagnies aériennes, telles que Lufthansa , SAS, Air France, LOT, Finnair et airBaltic, ont déjà annoncé qu'elles ne survoleraient plus l'espace aérien biélorusse.

Belavia, la compagnie nationale biélorusse, propose des vols au départ de la Biélorussie vers une vingtaine d'aéroports en Europe, dont Helsinki, Amsterdam, Milan, Varsovie, Francfort, Berlin, Munich, Paris, Rome et Vienne.

L'opposante biélorusse Svetlana Tsikhanouskaïa a par ailleurs exhorté vendredi les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne à travailler de concert pour exercer davantage de pression sur Alexandre Loukachenko.

Svetlana Tsikhanouskaïa, qui s'exprimait lors d'une visite à Varsovie en amont du sommet des pays du G7 prévu du 11 au 13 juin, a dit espérer que les problèmes soulevés par l'opposition biélorusse seraient abordés à cette occasion.

"La pression est plus forte lorsque ces pays agissent conjointement et nous appelons (en ce sens) le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Ukraine. Ils doivent agir conjointement pour que leur voix soit plus forte", a déclaré Svetlana Tsikhanouskaïa.

Selon des diplomates, l'UE devrait s'entendre d'ici le 21 juin sur une liste de sanctions contre des individus et des entités biélorusses.

Alexandre Loukachenko, qui dispose du soutien de la Russie, a de son côté déclaré que l'opposant arrêté fin mai, Roman Protassevitch, préparait une rébellion et il a accusé l'Occident de mener une guerre hybride contre lui.

(Robin Emmott, avec Joanna Plucinska à Varsovie; version française Claude Chendjou, Hayat Gazzane, édité par Blandine Hénault)

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