L'UE soupçonne Londres de vouloir une démonstration de force

L'Union européenne a demandé samedi la Grande-Bretagne de lever un veto imposé sur certaines contributions au budget européen avant les élections législatives anticipées convoquées par la Première ministre Theresa May qui auront lieu le 8 juin. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker (photo), a évoqué cette question samedi après un sommet des Vingt-Sept au cours duquel ils ont fixé des conditions très fermes pour les négociations avec les Britanniques. /Photo prise le 29 avril 2017/REUTERS/Olivier Hoslet

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a demandé samedi la Grande-Bretagne de lever un veto imposé sur certaines contributions au budget européen avant les élections législatives anticipées convoquées par la Première ministre Theresa May qui auront lieu le 8 juin.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a évoqué cette question samedi après un sommet des Vingt-Sept au cours duquel ils ont fixé des conditions très fermes pour les négociations avec les Britanniques.

"Il serait appréciable et cela faciliterait le lancement des négociations si le Royaume-Uni retirait les réserves qu'il a émises", a commenté Juncker.

Les pourparlers doivent débuter après les élections législatives britanniques le 8 juin que Theresa May a convoquées avec l'espoir de consolider sa majorité parlementaire et renforcer sa position politique.

Des responsables britanniques ont dit que leurs diplomates avaient fait savoir à l'Union européenne qu'ils ne pouvaient pas, en raison des élections, approuver une contribution de quelque six milliards d'euros de dépenses européennes.

Les décisions concernant les sujets sensibles sont, ont-ils fait valoir, traditionnellement suspendues durant la période pré-électorale.

"Cela n'a rien à voir avec un changement de notre position. Nous avons reporté un vote sur un dossier sensible pour respecter notre protocole pré-électoral", a déclaré un responsable britannique.

Les Européens n'ont pas été convaincus par cet argument, notant qu'une telle suspension était sans précédent et qu'elle concernait des domaines sur lesquels la Grande-Bretagne était d'accord depuis des mois.

"Ce n'est clairement pas une décision technique. Cela pourrait être une démonstration de force", a commenté un responsable européen.

Parmi les mesures, 2,5 milliards d'euros doivent contribuer à renforcer les contrôles des frontières européennes dans le cadre de la crise des migrants et 1,4 milliard d'euros sont destinés à s'attaquer aux causes de la migration dans les pays pauvres.

D'autres dépenses sont prévues pour des initiatives en faveur de l'emploi des jeunes, les échanges universitaires et la recherche scientifique.

Cette initiative britannique est perçue comme un mauvais présage à Bruxelles avant le début des négociations qui au cours des deux prochaines années doivent fixer les termes du divorce entre l'UE et le Royaume-Uni.

Si aucun accord n'est conclu en 2019, la Grande-Bretagne sortira tout simplement du bloc communautaire avec probablement une situation légale chaotique. Theresa May a réaffirmé qu'elle préférait ne pas conclure d'accord plutôt que de conclure un mauvais accord.

(Pierre Sérisier pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages