L'UE sanctionne 11 participants au coup d'Etat en Birmanie

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L'UE SANCTIONNE 11 PARTICIPANTS AU COUP D'ETAT EN BIRMANIE

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne a imposé lundi des sanctions contre 11 personnes impliquées dans le coup d'Etat du 1er février en Birmanie, sa réaction la plus forte à ce jour depuis que les militaires ont évincé la dirigeante Aung San Suu Kyi et entrepris d'éteindre par la force la contestation contre leur putsch.

Alors que l'UE impose déjà un embargo sur les armes à destination de la Birmanie et maintient depuis 2018 des sanctions contre certains membres de l'état-major de l'armée birmane, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont adopté ces nouvelles mesures - des interdictions de visas et des gels d'avoirs - lors d'un conseil à Bruxelles.

"Sur la Birmanie, nous allons prendre des sanctions contre 11 personnes impliquées dans le coup d'Etat et la répression des manifestants", a déclaré Josep Borrell, le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré à la presse que la répression des manifestants avait atteint un degré insupportable.

Min Aung Hlaing, le commandant en chef de l'armée birmane, et Mint Swe, président par intérim, comptent parmi les individus concernés par ces sanctions.

Des diplomates européens ont déclaré à Reuters que l'UE allait probablement bientôt durcir sa réponse en empêchant les investisseurs et les banques de l'UE de commercer avec Myanmar Economic Holdings Limited (MEHL) et Myanmar Economic Corporation (MEC), deux conglomérats appartenant à l’armée.

Ces conglomérats sont présents dans tous les pans de l'économie, de l'exploitation minière à l'industrie manufacturière, en passant par l'alimentation, l'hôtellerie, les télécommunications et la banque. Ils figurent parmi les plus gros contribuables du pays et ont cherché à nouer des partenariats avec des entreprises étrangères lors de la période de transition démocratique en Birmanie.

En 2019, une mission d'enquête de l'Onu a recommandé l'adoption de sanctions à l'encontre des deux sociétés et de leurs filiales, estimant qu'elles offraient à l'armée des sources de revenus supplémentaires susceptibles de financer des violations des droits humains.

(Sabine Siebold et John Chalmers, version française Nicolas Delame, Kate Entringer et Lucinda Langlands-Perry, édité par Blandine Hénault)