L'UE félicite Joe Biden et veut rebâtir un «partenariat robuste» avec les États-Unis

·4 min de lecture

Plusieurs dirigeants européens ont félicité ce samedi Joe Biden pour son élection à la présidence américaine, appelant à rebâtir avec les États-Unis un « partenariat solide » après une relation conflictuelle sous le mandat de Donald Trump.

« Je félicite chaleureusement Joe Biden pour sa victoire et suis impatiente de le rencontrer aussi tôt que possible », a réagi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. L'UE et les États-Unis « sont des amis et alliés », a souligné la cheffe de l'exécutif européen, pointant une relation « enracinée dans des valeurs partagées de démocratie, liberté, droits de l’homme, justice sociale et économie ouverte ». « La Commission se tient prête à intensifier sa coopération avec la nouvelle administration et le nouveau Congrès », a-t-elle conclu.

Charles Michel, président du Conseil européen, l'organe représentant les 27 États membres, s'est montré plus prudent : « Nous prenons note des derniers développements dans le processus électoral. Sur cette base, l'UE félicite Joe Biden et Kamala Harris pour avoir atteint suffisamment de grands électeurs », a-t-il expliqué. Avant d'insister : « L'UE est prête à s'engager pour un partenariat transatlantique robuste. Covid-19, multilatéralisme, changement climatique et commerce international sont des défis à affronter ensemble

« C'est un jour fantastique pour les États-Unis et l'Europe, nous nous réjouissons de travailler avec la nouvelle administration pour reconstruire notre partenariat », a abondé le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Une « reconstruction » nécessaire, tant les relations entre Washington et l'Europe ont été mises à rude épreuve par l'administration Trump, entre conflit commercial, oppositions sur la fiscalité du numérique ou l'Otan, retrait américain de l'Accord de Paris sur le climat et de l'accord iranien sur le nucléaire.

« À l'avenir, nos divergences ne seront plus résolues sur Twitter », a ironisé Martin Selmayr, représentant de la Commission à Vienne et influent ex-haut-fonctionnaire bruxellois.

Selon une source européenne, Charles Michel avait préparé ces dernières semaines « différents scénarios » sur l'issue de l'élection, et les chefs d'État et de gouvernement des 27 se sont entendus samedi pour féliciter Joe Biden et Kamala Harris , « simultanément » vers 19 heures dans des termes voisins, en exprimant « leur respect pour le processus électoral ».

Une action coordonnée sur les dossiers internationaux

Emmanuel Macron a tweeté : « Félicitations à Kamala Harris et Joe Biden. Nous avons beaucoup à faire pour relever les défis d’aujourd’hui. Agissons ensemble ! » Le président français espère que Joe Biden permette le rétablissement d'une action coordonnée sur les grands dossiers internationaux, que les États-Unis reviennent à la table diplomatique mondiale de laquelle Donald Trump les avait éloignés. Un retour à des relations plus classiques et moins soumises aux soubresauts des réactions du président Trump, explique Valérie Gas, journaliste au service politique de RFI.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont donc respecté cet effort commun, tout comme les dirigeants bruxellois. Mais le Premier ministre slovène, Janez Jansa, à la tête du parti anti-migrants SDS, s'est refusé à féliciter Joe Biden, arguant sur Twitter que les résultats n'étaient « pas encore officiels » et que Donald Trump « préparait des recours en justice ».

Au Parlement européen, l'enthousiasme dominait : Dacian Ciolos, président du groupe Renew (centristes et libéraux) évoquait « une nouvelle aube » de la relation entre l’UE et les États-Unis. Peu avant le cinquième anniversaire de l'Accord de Paris, que Joe Biden entend réintégrer, « c'est un signal très encourageant » pour le climat, observait l'eurodéputé Pascal Canfin.

« La défaite de Trump peut marquer le début de la fin du triomphe des populismes d'extrême-droite en Europe. Merci Joe ! », a par ailleurs lancé le chef du Parti populaire européen (PPE), ex-président du Conseil européen et ancien Premier ministre polonais Donald Tusk.

« C'est un extraordinaire soulagement. Il est temps qu'un président américain fasse son job sérieusement, qu'il soutienne les démocraties et non des dictateurs », renchérissait la vice-présidente du groupe S&D (socialistes et démocrates) au Parlement, Kati Piri.

D'autres se montraient plus réservés : « Imaginer que la fin de Trump signifie le retour d'un âge d'or fantasmé du lien transatlantique, c'est ignorer l'évolution des États-Unis et du contexte international », prévenait l'eurodéputé Arnaud Danjean (PPE), mettant en garde contre un « réveil difficile » après « l'euphorie ».