L'UE doit accueillir les Afghans sous le coup "d'une menace immédiate"

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Des Afghans fuyant les talibans ont grimpé dans un avion à l'aéroport de Kaboul, le 16 aout 2021 - Wakil Kohsar © 2019 AFP
Des Afghans fuyant les talibans ont grimpé dans un avion à l'aéroport de Kaboul, le 16 aout 2021 - Wakil Kohsar © 2019 AFP

L'UE doit accueillir les Afghans faisant l'objet d'une "menace immédiate" avec l'arrivée au pouvoir des talibans, a déclaré ce mercredi la commissaire européenne Ylva Johansson, appelant les Etats membres à "accélérer" leurs opérations d'accueil de réfugiés sur leur sol.

"Nous devons éviter que des gens entament des voyages très dangereux pour arriver clandestinement jusqu'aux frontières de l'UE. Nous devons les aider avant cela", a fait valoir la commissaire aux Affaires intérieures, à l'issue d'une réunion en visioconférence des ministres européens de l'Intérieur.

"C'est important que nous aidions ceux qui sont l'objet d'une menace immédiate à s'installer dans les Etats de l'UE", a-t-elle insisté, évoquant les "journalistes" et les Afghans ayant travaillé pour le respect des "droits fondamentaux". "C'est aussi essentiel de prendre en considération la dimension du genre, que nous puissions aider des femmes et des filles", a-t-elle également noté.

"Accélérer" les opérations

Ylva Johansson a appelé les Etats membres à "accélérer leurs opérations" d'accueil de réfugiés sur leur sol, en "accroissant les quotas" d'Afghan qu'ils peuvent recevoir et en leur "offrant des voies légales complémentaires" pour rejoindre l'Europe.

"Pendant que nous continuons notre travail pour contrer les risques de migrations irrégulières, combattre les trafics d'être humains et gérer efficacement nos frontières, nous avons aussi besoin de proposer des voies légales, sûres et organisées pour s'installer dans l'UE", a martelé la commissaire devant les ministres, selon le texte de son intervention.

Selon elle, il s'agit de respecter "l'approche complète et équilibrée" du nouveau Pacte européen sur la migration et l'asile, présenté par la Commission en septembre pour réformer le système actuel.

Un sujet vivement débattu

Si la chancelière allemande Angela Merkel s'est dite mardi ouverte à l'accueil "contrôlé" de réfugiés afghans "particulièrement vulnérables" qui fuient le régime taliban, le sujet fait vivement débat parmi les Vingt-Sept.

En France le président Emmanuel Macron a appelé à "anticiper" l'arrivée éventuelle d'Afghans et à se "protéger contre des flux migratoires irréguliers importants" qui "nourrissent les trafics de toute nature".

Et l'Autriche a appelé mercredi l'UE à mettre en place des "centres de rétention" dans les pays voisins de l'Afghanistan pour y détenir les Afghans expulsés d'Europe, Athènes voulant pour sa part en renvoyer vers la Turquie.

"Un nombre important d'Afghans fuient déjà vers les pays voisins. Nous devons travailler étroitement avec ces pays et être prêts à leur apporter une aide humanitaire et au développement si nécessaire", a commenté Ylva Johansson, évoquant des coopérations déjà en cours avec le Pakistan, l'Iran et le Tadjikistan.

En revanche, "dans la situation où se trouve actuellement l'Afghanistan, il n'est pas possible d'y renvoyer des personnes ces jours-ci, ce n'est pas sûr", a-t-elle insisté.

Article original publié sur BFMTV.com

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