L'UE décide de sanctions contre le régime biélorusse

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Les dirigeants de l'Union européenne se sont mis d'accord, lundi, pour imposer de nouvelles sanctions contre la Biélorussie, notamment économiques, tout en appelant leurs compagnies aériennes à éviter l'espace aérien
biélorusse.

En réaction au détournement d'un avion de la compagnie Ryanair, l'UE entendait, lundi 24 mai, infliger de nouvelles sanctions économiques au régime biélorusse : elle prévoit ainsi "d'élargir dès que possible la liste des responsables et entités" visés. Quelque 88 personnes, dont le président Alexandre Loukachenko, et sept entités ont déjà été sanctionnées par une interdiction de voyager dans l'UE et un gel des avoirs en réaction à la répression politique dans le pays – la falsification de l'élection présidentielle du 9 août 2020 a provoqué un mouvement de contestation sans précédent en Biélorussie.

Les Vingt-Sept demandent aussi "l'adoption d'autres sanctions économiques ciblées" et invitent le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, et la Commission européenne "à soumettre sans délai des propositions à cette fin".

L'UE a par ailleurs exprimé sa "solidarité" avec la Lettonie après "l'expulsion injustifiée" de ses diplomates par Minsk. La Biélorussie a en effet ordonné lundi l'expulsion de l'ambassadeur de Lettonie ainsi que tout le personnel de l'ambassade à Minsk, accusant les autorités lettones d'avoir remplacé le drapeau biélorusse par celui de l'opposition en marge du Mondial de hockey. En réponse, Riga a annoncé l'expulsion de diplomates biélorusses.

La réaction européenne "est à la hauteur de la gravité" des événements "absolument inacceptables, choquants, scandaleux", a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel. "Nous ne tolérerons pas que l'on tente de jouer à la roulette russe avec la vie de civils innocents", a-t-il averti.

Soutien de Joe Biden

Le président américain s'est joint à la condamnation européenne lundi soir. "Les États-Unis condamnent de la façon la plus ferme le déroutement de l'avion et l'arrestation" de Roman Protassevitch, a indiqué le président démocrate dans un communiqué. "Cet événement scandaleux et la vidéo que M. Protassevitch semble avoir faite sous la contrainte sont des attaques honteuses contre l'opposition politique et la liberté de la presse", a poursuivi Joe Biden.

"Je me joins aux nombreux appels à une enquête internationale pour déterminer les faits. Je salue la nouvelle selon laquelle l'Union européenne a appelé à des sanctions économiques ciblées et d'autres mesures, et j'ai demandé à mon équipe de réfléchir aux options appropriées pour faire rendre des comptes aux responsables, en coordination étroite avec l'Union européenne, d'autres alliés et partenaires et des organisations internationales", a-t-il ajouté.

Fermeture de l'espace aérien

L'Union européenne a aussi décidé, dans la soirée du lundi 24 mai, de fermer son espace aérien aux appareils de Biélorussie et demandé à ses compagnies aériennes d'éviter le survol de la Biélorussie. Mardi 25 mai, Air France a ainsi annoncé, mardi 25 mai, suspendre "jusqu'à nouvel ordre" le survol de l'espace aérien de ce pays par ses appareils.

"Air France a pris connaissance des conclusions du Conseil européen et suspend en conséquence jusqu'à nouvel ordre le survol de l'espace aérien (biélorusse) par ses appareils. Les appareils déjà en route verront leur plan de vol modifié", a annoncé la compagnie aérienne dans un communiqué. "Air France suit en permanence l'évolution de la situation géopolitique des territoires desservis et survolés par ses appareils et applique strictement la règlementation", a-t-elle précisé.

Les 27 États membres, réunis en sommet à Bruxelles, ont réclamé "la libération immédiate" de l'opposant Roman Protassevitch et de sa compagne, selon des conclusions du sommet mises en ligne par le porte-parole. Les Européens ont exigé une enquête de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) sur l'atterrissage forcé du vol de Ryanair à Minsk.

Londres et Kiev ont déjà mis sur liste noire l'espace aérien de cette ex-république soviétique tandis que les compagnies Lufthansa, KLM, SAS et AirBaltic ont annoncé leur décision d'éviter son survol.

Avec AFP