L'UE déplore l'absence de plan libyen pour bloquer les migrants

Un bateau de migrants secouru en Méditerranée. Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale n'a pas de projet permettant d'éviter que les migrants entament la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l'Europe, ont déploré jeudi plusieurs responsables européens. /Photo prise le 15 avril 2017/REUTERS/Darrin Zammit Lupi

LA VALETTE (Reuters) - Le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale n'a pas de projet permettant d'éviter que les migrants entament la traversée de la Méditerranée pour rejoindre l'Europe, ont déploré jeudi plusieurs responsables européens.

Ils ont regretté l'absence de stratégie de la garde-côtes libyenne sur la manière de se déployer, de repérer et d'intercepter les passeurs, ont déclaré ces responsables qui se fondent sur deux documents préparés en prévision d'une réunion des ministres européens de la Défense à Malte.

Le pessimisme exprimé dans ces documents contraste avec l'enthousiasme manifesté l'an dernier par le bloc communautaire lorsque 93 garde-côtes libyens nouvellement formés avaient pris leurs fonctions.

L'Union européenne relève qu'elle ne peut entrer dans les eaux territoriales libyennes sans mandat du Conseil de sécurité des Nations unies.

Or, la Russie n'est pas disposée à approuver un tel mandat, le ressentiment de Moscou ne s'étant pas estompé depuis la campagne militaire occidentale ayant conduit en 2011 à la chute de Mouammar Kadhafi.

"Notre objectif n'est pas de nous installer dans les eaux territoriales libyennes. Notre objectif est de faire en sorte que, dans les eaux territoriales libyennes, le travail soit fait par les Libyens", a déclaré la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini à son arrivée à La Valette.

L'UE, qui a déployé cinq navires qui croisent à proximité des eaux libyennes, espère former à terme 500 Libyens afin qu'ils soient capables d'intercepter les migrants et les trafiquants d'armes au large du pays d'Afrique du Nord.

Pour soutenir la Libye, dont le gouvernement ne contrôle qu'une partie, l'UE a demandé à Tripoli d'exprimer ses besoins, en plus des dix patrouilleurs que Rome va lui livrer.

Mais l'UE souligne par exemple que dans ses requêtes le gouvernement n'a pas demandé la livraison d'avions, qui pourraient permettre de surveiller les côtes libyennes. Les Libyens disent vouloir des patrouilleurs armés, sans pour autant donner de précisions sur les armes en question, relève l'UE.

Pour les responsables européens, les demandes libyennes n'ont aucun sens si elle ne sont pas accompagnées d'un plan détaillant l'usage que Tripoli souhaite faire du matériel européen. L'UE redoute en outre que cet équipement tombe aux mains de trafiquants.

(Robin Emmott et Tom Körkemeier, Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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