L'UE compte sur les pays voisins de l'Afghanistan pour accueillir les réfugiés afghans

Les Vingt-Sept se sont engagés ce mardi à soutenir les pays voisins de l'Afghanistan pour accueillir dans la région les réfugiés fuyant les talibans, afin d'éviter un afflux migratoire jusqu'en Europe.

Deux semaines après la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, l'afflux migratoire jusqu'en Europe évoqué par certains responsables politiques ne s'est toujours pas produit. Les Vingt-Sept préfèrent néanmoins être prudents. « Nous ne savons pas ce qui va se passer dans une semaine ou dans un mois, et nous devons nous préparer à différents scénarios », a déclaré la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson à l'issue d'une réunion des ministres de l'Intérieur européens.

Comme lors de la crise de l’immigration syrienne en 2015, ceux-ci ont surtout cherché à tout faire pour que l’Europe apporte son aide aux pays voisins afin que les réfugiés afghans puissent choisir de s’y fixer.

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Le ministre allemand Horst Seehofer a ainsi estimé qu'il fallait faire en sorte que les migrants « restent près de chez eux et de leur culture », soulignant toutefois que les « personnes particulièrement menacées » devraient pouvoir venir dans l'UE. Lors de la crise de 2015, l'Allemagne avait été à la pointe de l'accueil des Syriens fuyant la guerre, en ouvrant ses portes à plus d'un million de demandeurs d'asile. L'ONU s'attend pour 2021 à un demi-million de réfugiés afghans supplémentaires.

Pour le ministre autrichien Karl Nehammer, sur une ligne très ferme aux côtés de ses homologues danois et tchèque, « le message à envoyer » est : « restez sur place et nous soutiendrons la région ».

Un soutien « sur mesure »

La Commission européenne est appelée à présenter des propositions pour soutenir ces pays voisins, comme le Pakistan et le Tadjikistan, dans le cadre du budget européen. Cette aide proviendrait notamment d'une enveloppe de 80 milliards d'euros prévue sur 2021-2027.

Ce soutien devra être « taillé sur mesure », a estimé la commissaire Ylva Johansson, et « pas un copier-coller » de l'accord assorti d'un soutien financier signé avec la Turquie en 2016 sur les réfugiés syriens.

« Le meilleur moyen d'éviter une crise migratoire est d'éviter une crise humanitaire », a insisté Ylva Johansson. « C'est pourquoi nous devons soutenir les Afghans en Afghanistan » par le biais des organisations internationales « sur le terrain », a-t-elle ajouté. L'UE a déjà annoncé le quadruplement de son aide humanitaire pour 2021 à 200 millions d'euros à l'Afghanistan et aux pays voisins.

Les États-membres n'ont annoncé aucun engagement chiffré pour accueillir des réfugiés. En revanche, ils promettent dans leur déclaration finale de « faire leur maximum pour garantir que la situation en Afghanistan ne mène pas à de nouveaux risques sécuritaires pour les citoyens de l'UE » et mettent l'accent sur « l'exécution des contrôles de sécurité des personnes évacuées ».

« Nous devons prendre garde à ce que des personnes renvoyées de pays européens parce qu'il s'agissait de criminels, de violeurs ou autres ne reviennent pas sous le couvert de demandeurs d'asile », a averti le ministre slovène Ales Hojs.

« Dans la mauvaise direction »

Le ministre luxembourgeois Jean Asselborn a déploré que la politique migratoire européenne aille « dans la mauvaise direction », appelant l'UE à « établir des programmes de réinstallation (de réfugiés) pour donner espoir aux gens qui sont poursuivis, qui ne peuvent plus vivre normalement en Afghanistan ».

L'ONG Oxfam a pour sa part accusé les gouvernements européens de « se laver les mains de leur obligation internationale d'offrir un refuge à ceux qui cherchent la sécurité et de s'en décharger sur d'autres pays ». Amnesty International a aussi exhorté l'UE à ne pas « reporter la responsabilité de la protection des réfugiés sur des pays tiers ».

(Avec AFP)

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