L'UE adopte de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, ciblant pour la première fois le GNL

L'UE adopte de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, ciblant pour la première fois le GNL

L'Union européenne a décidé jeudi d'imposer une nouvelle série de sanctions envers la Russie, visant pour la première fois l'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), que plusieurs États membres continuent d'acheter alors que la guerre se poursuit en Ukraine.

Ces sanctions représentent le quatorzième train de mesures appliqué depuis février 2022 et interviennent à un moment délicat sur le champ de bataille, alors que les troupes russes tentent de réaliser de nouveaux gains territoriaux.

Ces mesures sont le résultat de longues négociations entre les ambassadeurs, qui ont passé des semaines à négocier des détails techniques. L'approbation a été retardée à plusieurs reprises en raison des réserves émises par plusieurs pays, dont la Hongrie, qui s'était engagée à bloquer toute sanction dans le secteur de l'énergie.

Toutefois, l'Allemagne a été la dernière à s'opposer à la "clause anti-Russie", qui impose aux entreprises d'empêcher tout contournement des sanctions.

Bruxelles a laissé passer deux échéances qu'elle s'était elle-même imposées - le G7 en Italie et le sommet de la paix en Suisse - pour donner à l'Allemagne plus de temps pour trouver une solution. Jeudi matin, l'Allemagne a fait savoir que ses préoccupations avaient été satisfaites, ouvrant ainsi la voie à l'accord.

L'embargo sur le GNL n'est cependant pas une interdiction totale des importations, comme l'Union l'a fait précédemment avec le charbon et le pétrole maritime, deux des plus importantes sources de revenus de Moscou.

En revanche, les entreprises de l'UE seront toujours autorisées à acheter du GNL russe, mais il leur sera interdit de le réexporter vers d'autres pays, une pratique connue sous le nom de "transbordement".

La Belgique, la France et l'Espagne principaux points d'entrée du GNL russe

Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), une organisation indépendante qui suit les combustibles fossiles russes, estime qu'en 2023, l'UE aura payé 8,3 milliards d'euros pour 20 milliards de mètres cubes de GNL russe, ce qui représente 5 % de la consommation totale de gaz.

La Belgique, la France et l'Espagne ont été les principaux points d'entrée du GNL russe.

Environ 22 % de ces approvisionnements (4,4 milliards de mètres cubes) ont été transbordés dans le monde entier, dont 1,6 milliard de mètres cubes vers d'autres États membres, selon la CREA. Le reste a été expédié vers la Chine, l'Inde, la Turquie et d'autres clients.

Ces chiffres reflètent le rôle prépondérant de l'Occident dans l'assurance des cargaisons et les services de transport maritime : l'année dernière, l'industrie maritime des pays du G7 a traité 93 % des exportations russes de GNL, un transport évalué à 15,5 milliards d'euros.

Des mesures de plus en plus strictes

Les nouvelles sanctions de l'UE visent à freiner cette activité lucrative et à limiter la capacité de la Russie à lever des fonds pour financer sa coûteuse guerre totale contre l'Ukraine. Les sanctions visent également trois projets de GNL basés en Russie qui ne sont pas encore opérationnels, que Reuters a précédemment identifiés comme Arctic LNG 2, Ust Luga et Murmansk.

En outre, les États membres se sont mis d'accord sur des mesures plus strictes pour réprimer les contournements et combler les lacunes laissées par les 13 précédents trains de sanctions, un éternel casse-tête à Bruxelles.

Les détails de ces mesures n'étaient pas immédiatement disponibles, mais on pense qu'elles visent la "flotte fantôme" de pétroliers vieillissants et de petite taille que le Kremlin utilise pour contourner le plafonnement des prix du G7 sur le pétrole russe transporté par mer.

Malgré la limitation à 60 dollars le baril, la Russie a passé les derniers mois à vendre son pétrole de l'Oural à un prix compris entre 67 et 75 dollars l'unité.