LR, qui ne veut pas être la "béquille" des macronistes, ne compte pas voter le budget

Les Républicains ont averti dimanche qu'ils ne voteraient pas le budget cet automne au Parlement, malgré la main tendue de la majorité à discuter du texte en amont.

"Demain est-ce qu'on va voter le budget? Bien sûr que non, on est dans l'opposition", a affirmé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau dans un discours au campus de rentrée des jeunes LR à Angers.

"Ce n'est pas un acte comptable de voter un budget, c'est avant tout un acte politique", et "il n'est pas question, par des artifices politiciens, de rentrer dans un petit jeu de négociations", a ajouté M. Retailleau, candidat à la présidence de LR en décembre.

Autre candidat, le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a assuré que "personnellement", il voterait "contre ce budget car le budget est l'acte fondateur" d'une majorité.

"Que cette majorité se débrouille, nous ne serons pas sa béquille", a-t-il ajouté, promettant que les élus LR exerceraient leur droit d'amendement "sans discussions, sans coopération, sans confusion" car "nous sommes dans l'opposition".

Le numéro 3 de LR Aurélien Pradié, probable candidat lui aussi, ne voit "aucune raison" de voter le texte même s'il se "battra pour obtenir des avancées significatives". Il s'est défendu de tout "blocage": "Quand on s'oppose à un projet, on n'est pas dans le blocage, on est dans la démocratie", a-t-il assuré.

Dans Le Parisien, le ministre délégué aux Comptes publics Gabriel Attal invite "l’ensemble de la représentation nationale à travailler sur le budget 2023 avant même qu’il ne soit finalisé", en avertissant qu'une intention de vote contre "laisserait peu d'autres choix que l'utilisation du 49.3".

Cet appel n'est pour M. Retailleau "pas une main tendue, c'est plutôt une main qui cherche une bouée de sauvetage".

Avec une soixantaine de députés, Les Républicains peuvent jouer un rôle crucial en apportant à la majorité relative d'Emmanuel Macron les voix manquantes pour faire adopter le texte. Mais la campagne pour la présidence du parti incite plutôt à l'intransigeance des candidats, qui ne veulent pas être accusés d'indulgence à l'égard de la majorité.

Le patron des députés LR Olivier Marleix a assuré que "notre groupe à l'Assemblée s'efforcera d'être toujours la boussole qui indique l'intérêt national".

"Nous ne sommes pas les supplétifs de la majorité, nous sommes une opposition utile, forte d’un projet alternatif", a assuré la présidente par intérim de LR Annie Genevard.

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