Les personnes seules ne sont pas forcément celles que vous croyez

Les personnes seules ne sont pas forcément celles que vous croyez

Selon une étude britannique, ceux qui vivent dans des sociétés individualistes rapportent plus fréquemment le sentiment de solitude que les populations des sociétés plus collectivistes.

Vous pensez que le sentiment de solitude existe principalement chez les personnes âgées. Détrompez-vous. Qui sont ceux qui souffrent le plus de la solitude ? Pour le savoir, des chercheurs britanniques des universités d'Exeter (Manchester) et de Brunel (Londres) ont analysé les données de l’étude BBC Loneliness Experiment. Au total, cette vaste enquête a collecté les informations de 46 054 participants âgés de 16 à 99 ans vivant dans 237 pays. D’après cette étude mondiale réalisée à grande échelle, les jeunes hommes et les personnes vivant des pays considérés davantage comme “individualistes” se sentiraient plus seuls que les personnes âgées. Comme l’explique un communiqué de l’université d’Exeter, les résultats montrent une diminution constante de la solitude avec l'âge.

Des différences culturelles

Ainsi, d’après les chercheurs, un jeune homme vivant au Royaume-Uni ou aux États-Unis a davantage de risque de se sentir seul qu’une femme plus âgée vivant en Chine ou au Brésil. Des conclusions qui vont à l’encontre de certaines idées reçues. “Contrairement à ce que les gens peuvent attendre, la solitude n'est pas une situation unique aux personnes âgées”, a souligné le professeure Manuela Barreto, de l'Université d'Exeter citée par le communiqué. Avant d’ajouter : “Étant donné que la solitude découle du sentiment que les relations sociales ne sont pas aussi bonnes que souhaité, cela pourrait être dû aux attentes différentes des jeunes et des plus âgés”. Les conclusions ont été publiées dans la revue Personality and Individual Differences.

Grâce au nombre important de répondants, les chercheurs ont également pu réaliser une analyse des différences culturelles. “Ceci est particulièrement important, car les preuves des différences culturelles dans la solitude sont très mitigées et la culture peut affecter les interactions sociales réelles et souhaitées dans des directions opposées. On peut affirmer que l'admission à se sentir seul est également plus stigmatisant dans les sociétés individualistes, où les gens sont censés être autonomes”, a détaillé Manuela Barreto. La professeure alerte sur certains changements sociaux : “S'il est vrai que les jeunes sont mieux à même d'utiliser la technologie pour accéder aux relations sociales, on sait également que lorsque cela se fait en remplacement - plutôt qu'en extension - de ces relations, cela n'atténue pas la solitude”.