«Love jihad»: arrestations et faits divers sordides se multiplient en Inde

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En Inde, l’Uttar Pradesh a voté fin novembre une loi contre le « jihad de l’amour », une théorie complotiste selon laquelle les musulmans séduiraient les femmes hindoues pour mieux les convertir à l’islam. Depuis, cet Etat a été le théâtre des arrestations et des faits divers les plus sordides.

Avec notre correspondant à New Delhi, Côme Bastin

Saquib rentrait chez lui avec une amie, après une simple soirée d’anniversaire dans un village de l’Uttar Pradesh. Mais sur le chemin, ce musulman de 18 ans s’est fait tabasser par un groupe d’habitants puis emmené au commissariat.

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Selon la police, Saquib serait coupable de « love jihad ». Il aurait planifié d’épouser son amie hindoue pour la convertir à l’islam. La jeune fille a pourtant expliqué qu’il n’était qu’un ami. Son père a lui-même affirmé n’avoir jamais porté plainte.

Séparés de force

Depuis que l'Uttar Pradesh a criminalisé le « love jihad » en novembre dernier, ce fait-divers incompréhensible n’est malheureusement pas un cas isolé dans cet Etat de 200 millions d’habitants situé dans le nord de l'Inde.

Il y a deux semaines, une femme hindoue enceinte a ainsi été séparée de force de son mari par la police. Placée dans un « refuge », elle raconte y avoir été torturée avant d’y faire une fausse couche. Elle affirme pourtant avoir épousé son mari par amour.

Aucun cas de « love jihad » n’a jamais été avéré en Inde, ce qui n’a pas empêché cette loi d’être votée. Ce samedi 26 décembre, le Madhya Pradesh, où l’on compte 70 millions d’habitants, a approuvé une loi similaire. Et d'autres Etats s'apprêtent à faire de même.