Lourdeur bureaucratique, manque d'effectifs, déficit de formation... La difficile gestion du handicap en milieu scolaire

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Les enseignants sont un peu autistes, à leur manière : dans le copieux discours d’Emmanuel Macron sur le handicap prononcé le 11 février, ils n’ont retenu que ce qui les concernait directement. « La solution, a dit le président de la République, ce n’est pas un accompagnant par enfant » — non, ce serait du luxe… Il faut « mieux former nos enseignants ». Et pour cela, « un module handicap sera intégré dans la formation des professeurs des écoles et des enseignants du secondaire. Si on forme mieux les enseignants, on n’a pas forcément besoin d’un accompagnant à temps plein. »

À noter, pour être complet, qu’il a aussi promis (en scandant ses phrases d’un «je veux » qui m’a rappelé l’avertissement de ma mère, quand j’étais gosse : « Seul le roi dit "je veux" ») de scolariser dès la rentrée prochaine les 8.000 enfants handicapés en situation d’attente, et de viser « le recrutement de 11.000 accompagnants d’ici 2022 ». « Des bonnes intentions », dit le Figaro, brûlot anti-gouvernemental bien connu. Oui — mais l’action ?

univers enfantin

Le chef de l’Etat a une vision quelque peu idyllique de l’univers enfantin. « Il suffit de voir ce qu’est une classe quand un enfant en situation de handicap arrive… Une fois qu’on a mis le collectif en disant c’est un enfant de la nation comme les autres, on va s’organiser, la classe l’accueille, la classe est plus forte.


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