Lourd bilan, revendication de Daesh... Ce que l'on sait du double attentat-suicide à l'aéroport de Kaboul

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Du personnel médical en train de prendre en charge un blessé à l'aéroport de Kaboul ce jeudi. - WAKIL KOHSAR
Du personnel médical en train de prendre en charge un blessé à l'aéroport de Kaboul ce jeudi. - WAKIL KOHSAR

La crise afghane a pris un nouveau tour dramatique ce jeudi, après un double attentat revendiqué par Daesh qui a fait des dizaines de morts, dont 12 militaires américains, à l'aéroport de Kaboul, alors que se poursuivaient les évacuations d'étrangers et d'Afghans fuyant le nouveau régime taliban.

Des milliers de candidats au départ continuaient à se masser près de l'aéroport jeudi, malgré les avertissements lancés ces dernières heures par les Américains et d'autres pays occidentaux sur un possible "attentat terroriste" à venir dans cette zone.

La double-attaque kamikaze a eu lieu à quelques jours de l'échéance du 31 août fixée par le président américain Joe Biden pour retirer ses troupes d'Afghanistan et achever l'évacuation de ceux qui veulent fuir le pays, désormais aux mains des talibans. Le chef de l'ONU a en réaction appelé à une réunion du Conseil de sécurité sur l'Afghanistan, selon des diplomates.

· Un bilan très incertain, revu à la hausse plusieurs fois

Cette double attaque a été particulièrement meurtrière, et le bilan humain a été revu à de multiple fois à la hausse, au point qu'il existe ce vendredi matin une certaine incertitude sur ce dernier.

Nos confrères américains et britanniques de CNN et de la BBC font état de 90 morts chez les civils, et d'au moins 150 blessés, selon les déclarations anonymes d'un membre du ministère afghan de la Santé. Les talibans ont dénombré de leur côté 28 morts, selon un responsable du groupe cité par Reuters, sans que l'on sache pour l'heure si ces décès s'ajoutent aux 90 morts évoqués plus haut. Ils ont tenu à préciser que leur nombre de victimes était plus important que celui du côté américain.

L'Agence France-Presse (AFP) fait, de son côté, état de 72 morts, en se basant sur les propos d'ex-responsables.

· 12 militaires américains tués et 15 autres blessés

Douze militaires américains ont été tués et quinze autres blessés dans cet attentat-suicide jeudi, a indiqué un haut responsable militaire américain.

"Deux jihadistes considérés comme appartenant à Daesh se sont fait sauter à Abbey Gate, suivis par des jihadistes de Daesh armés qui ont fait feu sur les civils et les militaires", a précisé le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central américain en charge de l'Afghanistan.

· Daesh revendique

Daesh a revendiqué l'attaque meurtrière, selon le site spécialisé Site Intelligence. Dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq, Daesh affirme qu'un de ses combattants a franchi "toutes les fortifications de sécurité" et s'est approché à moins de "5 mètres de militaires américains" avant de déclencher sa ceinture explosive. Le communiqué ne mentionne qu'un seul kamikaze, et qu'une seule bombe, quand le Pentagone a toutefois fait état de deux attentats-suicides suivis d'une fusillade. Les États-Unis ont menacé Daesh de représailles.

· Biden promet de "traquer" les auteurs et de les "faire payer"

Lors d'une allocution jeudi soir, le président Joe Biden a promis jeudi de "traquer" les auteurs de l'attentat, estimant que ses soldats étaient des "héros engagés dans une mission dangereuse et altruiste pour sauver d'autres vies."

"Nous allons vous traquer et vous faire payer", a-t-il affirmé à l'adresse des auteurs de l'attaque, ajoutant que les États-Unis répondraient "avec force et précision". "Nous allons intervenir au moment opportun", a-t-il ajouté.

· Une attaque condamnée par les talibans

Le nouveau régime taliban, via son porte-parole Zabihullah Mujahid, a "fermement condamné" ces "attentats à la bombe", tout en soulignant qu'ils étaient survenus dans une zone placée sous la responsabilité de l'armée américaine.

· Une nouvelle explosion entendue

Une nouvelle puissante explosion a été entendue à Kaboul jeudi vers minuit. Celle-ci serait due à des destructions d'équipements par l'armée américaine, selon les premières informations évoquées par les talibans et plusieurs médias américains.

· Les évacuations se poursuivent

Malgré la situation, le Pentagone a tenu à assurer ce jeudi que les évacuations d'étrangers et d'Afghans jugés "à risque" depuis l'arrivée au pouvoir des talibans se poursuivaient. De la même manière, l'Otan et l'UE ont appelé à poursuivre les évacuations, et Emmanuel Macron a assuré jeudi soir que la France continuerait les opérations d'évacuation malgré ces attaques. Après les explosions, Paris a annoncé le rapatriement à Paris, pour raisons de sécurité, de son ambassadeur en Afghanistan, David Martinon, qui se trouvait jusqu'ici à l'aéroport de Kaboul.

Un peu plus tôt, le président avait promis que la France allait tenter d'évacuer encore "plusieurs centaines" d'Afghans de Kaboul, ajoutant que Paris faisait "le maximum" pour y arriver mais sans garantie, en raison de la situation sécuritaire "extrêmement tendue" à l'aéroport.

Article original publié sur BFMTV.com

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