L'ouragan Eta ravage l'Amérique centrale

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Au total, l’ouragan Eta a fait près de 200 morts ou disparus et des milliers de sinistrés dans sept pays d’Amérique centrale. Le Guatemala, pays le plus touché pour l’instant, compte au moins 150 morts ou disparus. Désormais affaibli en dépression tropicale, il devrait se renforcer pour menacer à partir du dimanche 8 novembre Cuba, la Jamaïque et la Floride.

Le village indigène de Queja, dans le nord du Guatemala, a été presque entièrement enseveli dans un glissement de terrain. « Nous estimons qu’entre morts et disparus les chiffres (encore) non officiels se montent à plus ou moins 150 morts », a déclaré le président guatémaltèque Alejandro Giammattei lors d’une conférence de presse.

Inondations et routes coupées ont empêché les équipes de secours de rejoindre le village jeudi, mais une escouade militaire y est parvenue vendredi et a commencé de rechercher des survivants dans les décombres, a-t-il précisé.

Cuba et la Floride menacés

L’ouragan Eta, qui avait touché terre mardi sur la côte caraïbe du Nicaragua en puissant ouragan de catégorie 4 avec des vents de 140 km/h, s’est progressivement affaibli en passant sur le Nicaragua et le Honduras. Ses pluies torrentielles ont aussi affecté le Costa Rica, le Panama, le Salvador, ainsi que le Mexique, où les autorités du Chiapas, l’un des États les plus pauvres du pays, ont annoncé la découverte d’au moins une vingtaine de victimes, pour la plupart emportées par des cours d’eau en crue.

L’ouragan devrait frapper Cuba dimanche, selon le centre américain de surveillance des ouragans NHC. Il menace aussi le sud-est du Mexique, la Jamaïque, les iles Caïmans et le sud de la Floride.

Deux morts au Nicaragua, 8 au Honduras

Au Nicaragua, des dizaines de sinistrés errent dans les décombres de leurs maisons qui ont été submergées par les pluies diluviennes et leurs toits de tôle emportés par les bourrasques de l’ouragan. La ville portuaire de Bilwi, la principale agglomération du nord de la côte caraïbe du Nicaragua, est isolée du reste du pays par la crue du fleuve côtier Wawa, qui ne peut plus être traversé qu’en barque.

L’ouragan a causé la mort de deux travailleurs d’une mine d’or, mais les autorités n’ont pas établi un bilan complet des dégâts, a reconnu la vice-présidente nicaraguayenne Rosario Murillo.

Huit personnes sont mortes au Honduras, ensevelies dans l’effondrement de leurs maisons, ou noyées dans les inondations, et il pourrait y avoir davantage de victimes, a averti Marvin Aparicio, responsable de la Commission contre les catastrophes Copeco. La vallée de San Pedro Sula, la deuxième ville et capitale industrielle du Honduras, est toujours submergée vendredi par les eaux et plus de 7 000 personnes ont été évacuées et logées dans des refuges.

Des habitants de l’agglomération lancent depuis jeudi des appels au secours désespérés sur les réseaux sociaux et sur les chaînes de télévision. « Nous avons besoin d’une barque ou d’un hélicoptère. Nous n’avons rien à manger depuis deux jours », s’est indignée une habitante bloquée dans le quartier de Ciudad Planeta, près de l’aéroport de San Pedro Sula.

(Avec AFP)