Syrie: L'OSDH parle d'attaque chimique près de Palmyre

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté qu'une attaque au gaz avait vraisemblablement eu lieu lundi dans un secteur tenu par les djihadistes de l'Etat islamique près de la ville de Palmyre, sur fond d'intenses bombardements aériens de cette zone qui ont fait au moins 34 morts. /Photo d'archives/REUTERS/Omar Sanadiki (Reuters)

BEYROUTH (Reuters) - L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté qu'une attaque au gaz avait vraisemblablement eu lieu lundi dans un secteur tenu par les djihadistes de l'Etat islamique près de Palmyre, sur fond d'intenses bombardements aériens de cette zone, le tout ayant fait au moins 53 morts, dont 28 enfants. Citant des sources proches du site de l'attaque, dans la province orientale de Hama, au nord-ouest de Palmyre, l'OSDH a parlé de cas de suffocation et de dizaines de blessés lors d'intenses tirs de roquettes visant ce secteur. Ces sources ont indiqué avoir vu des corps sans blessures apparentes, ajoute l'OSDH. Cette attaque au gaz, menée par voie aérienne, a eu lieu près de la localité d'Oukaïrabat, qui se trouve sur un grand axe menant vers le sud et la ville de Palmyre, écrit l'Observatoire, sans dire qui a pu lancer l'attaque. Amaq, l'organe de propagande du groupe Etat islamique, a déclaré dans un communiqué que 20 personnes étaient mortes et que 200 autres avaient été victimes de problèmes respiratoires "du fait d'une attaque aérienne russe au gaz sarin". Ahmad al Dbis, de l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM), a parlé de son côté de 86 morts et d'environ 250 blessés dans les attaques de lundi. L'UOSSM est une ONG française et internationale dont la mission est de garantir aux populations affectées par la guerre en Syrie un accès permanent à des soins de santé de qualité et gracieux. Les combattants de l'EI ont reconquis dimanche Palmyre, connu pour son site antique, malgré les dizaines de raids aériens menés par les Russes pour les repousser. L'EI avait été chassé de la ville en mars dernier. Les enquêteurs de l'Onu ont conclu que du gaz sarin avait été utilisé dans des secteurs tenus par les insurgés dans la Ghouta orientale (faubourgs de Damas) en 2013. Les Etats-Unis ont accusé le régime syrien d'être l'auteur de cette attaque chimique, qui a fait dans les 1.400 morts, mais Damas a rejeté la responsabilité sur les rebelles. L'armée syrienne comme l'armée russe démentent utiliser des armes chimiques. Cette année, une enquête menée par les Nations unies a abouti à la conclusion que l'armée syrienne avait utilisé du gaz chloré lors d'attaques contre les insurgés, et que l'EI avait eu lui aussi recours à des armes chimiques au cours de certaines attaques. Damas a rejeté les conclusions de l'enquête. (Lisa Barrington; Eric Faye pour le service français)