Le Los Angeles FC, le club qui veut faire rêver la Cité des Anges

Auteur d'un mercato actif en Europe avec les signatures de Gareth Bale et Giorgio Chiellini, le Los Angeles FC est une curiosité de la MLS, le Championnat américain, dans lequel il entend devenir un acteur majeur.

Giorgio Chiellini, début juin, et Gareth Bale, samedi, ont officialisé leur signature au Los Angeles FC, club de MLS créé en 2014 et en activité depuis 2018. Dans la Cité des Anges, l'émergence d'une nouvelle franchise ambitieuse et innovante au côté du rival du Los Angeles Galaxy est le fruit d'une alliance surprenante d'investisseurs cosmopolites, à l'image de son effectif tout aussi mondialisé. Ils veulent faire du LAFC une équipe « compétitive et excitante ». Que faut-il savoir du club ?

Un trio ambitieux à la genèse du club

Passer de la production de Taxi Driver et Midnight Express à une franchise de MLS, c'est le parcours de l'homme d'affaires ambitieux qu'est Peter Guber. Au total, les films qu'il a produits ont rapporté 3 milliards de dollars et ont été nominés 50 fois aux Oscars dont cinq dans la catégorie « Meilleur film ». Une réussite qu'il reproduit en rachetant et en redressant des Golden State Warriors alors à la déroute en 2010 et les Dodgers de Los Angeles en 2012. Il veut ensuite l'élargir à la MLS.

Le Bostonnais tente de racheter les Los Angeles Galaxy, club historique de la ville. En vain. L'homme qui « dirige toutes ses affaires dans le but de faire de l'argent » saisit une autre opportunité : la franchise délaissée du club de Chivas USA qui va disparaître et que la MLS met en vente. Il compte bien tirer profit de l'aura de Los Angeles : « Si jouer à Paris a une saveur spéciale, c'est pareil pour Los Angeles. Milan, Munich, Manchester n'ont pas ce que nous avons. Je l'ai vu tout au long de ma carrière, avec les films, la télévision et la musique : Los Angeles est une ville spéciale qui peut mener à d'autres carrières, d'autres sources de revenus et d'autres opportunités. »

Sauf que l'homme d'affaires n'est pas seul sur le coup. Tom Penn, avocat devenu agent de joueurs de basket en NBA et Henry Nguyen, homme d'affaires américano-vietnamien, sont aussi intéressés. Problème, la MLS leur demande minimum 100 millions de dollars en plus des 250 millions supplémentaires nécessaires à la construction d'un nouveau stade. En 2014, les trois hommes se rencontrent et s'allient.

Le 30 octobre 2014, le trio annonce la création de LAFC et présente les stars derrière les investissements dont Magic Johnson, Brandon Beck, le créateur de League of Legends ou encore Mia Hamm, footballeuse la plus célèbre des USA. Même si aujourd'hui Peter Guber est un membre du groupe propriétaire du club parmi 22 autres, « sa trace est sur chaque décision majeure de l'histoire de notre club », assure Tom Penn, actuel président de la franchise.

Une identité de club cosmopolite

Très vite, une fois le club mis sur pied, son identité se développe et sa politique de transfert avec. Los Angeles, deuxième ville la plus peuplée des États-Unis après New York, est cosmopolite. Selon les études démographiques, la Cité des Anges est composée à 48 % d'Hispaniques, 26 % de Caucasiens, 14 % d'Asiatiques et 8 % d'Afro-Américains. En 2014, le rival Los Angeles Galaxy est jugé « trop blanc » par certains habitants qui ne se reconnaissent pas dans l'équipe du club.

La volonté des dirigeants du LAFC est donc de diversifier les profils de ses joueurs. C'est plutôt une réussite. Aujourd'hui, seuls neuf membres de l'effectif total sont Américains et 22 proviennent d'un autre pays. De plus, le Mexicain Carlos Vela est le meilleur buteur de l'histoire du club (73 buts en 119 matches toutes compétitions confondues) et recordman du nombre de buts marqués sur une saison de MLS. Cet été, le LAFC a opéré un tournant dans sa politique de recrutement en signant les deux grosses stars européennes Giorgio Chiellini et Gareth Bale, suivant la stratégie du Los Angeles Galaxy qui avait recruté Zlatan Ibrahimovic en 2018.

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Une équipe offensive adepte du 4-3-3

Le Los Angeles FC évolue majoritairement en 4-3-3 cette saison avec deux milieux hauts sous les ordres de l'entraîneur américain Steve Cherundolo qui a déjà exercé en tant qu'adjoint à Hanovre 96 et Stuttgart. Le visage offensif de son équipe permet à celle-ci d'être prolifique avec le meilleur total de buts de sa conférence ouest à la 15e journée (31 buts inscrits). Défensivement, le bilan affiché par la charnière est dans les standards de son championnat avec 17 buts encaissés. Sur le terrain, la défense n'est pas fixe avec une alternance entre Henry, Mbacke, Murillo et Ibeagha.

L'arrivée de l'expérimenté Giorgio Chiellini permettrait d'apporter de la stabilité en défense, d'autant plus que le LAFC a déjà joué en 3-5-2, un système qu'a connu l'Italien à la Juventus Turin. En attaque, Gareth Bale n'aura aucune difficulté à jouer sur l'aile gauche pour compléter le trio d'attaque avec Arango, buteur, et Vela, ailier droit. Les deux nouvelles recrues, qui rejoindront le club le 7 juillet pour le mercato aux USA, pourraient être alignées dès le 9 juillet contre le Los Angeles Galaxy dans le derby surnommé « El trafico ».

Des résultats convaincants depuis 2018

« L'objectif est de devenir d'ici à cinq ans une des meilleures équipes de la MLS, et respectée dans le monde », ambitionnait le président du Los Angeles FC Tom Penn aux débuts de la franchise. De son côté, Peter Guber expliquait ce que son club devait viser pour le futur : « À Los Angeles, il faut une équipe compétitive, pas obligatoirement la meilleure. Si vous habituez vos spectateurs et vos fans à seulement des victoires, vous aurez des problèmes quand vous ne gagnerez plus. L'idée est d'être compétitif et excitant ! »

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Arrivé en 2018 en MLS, le Los Angeles FC a commencé fort en terminant troisième de sa conférence ouest et se qualifiant pour le premier tour des play-offs. Éliminés d'entrée, les joueurs réalisent dès leur deuxième saison en MLS la meilleure performance de la courte histoire du club en remportant le Supporter's Shield, le titre qui récompense l'équipe qui a marqué le plus de points à l'issue de la saison régulière. Ils sont cependant éliminés en finale de conférence, aux portes de la finale pour le titre de MLS.

Depuis, le LAFC ne s'est qualifié qu'une seule fois en play-offs, en 2020, en étant sorti dès le premier tour. À défaut de faire partie des meilleures équipes de MLS, le club de Peter Guber reste compétitif mais il doit gagner en régularité pour retrouver les play-offs. Peut-être dès cette saison. Le LAFC est en tête de sa conférence avec 30 points après 15 journées et deux matches de retard sur son dauphin, le Real Salt Lake. Et son histoire ne fait que commencer.

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