L'origine de la toxicité des champignons a été identifiée

Leemage via AFP

Comment expliquer que la même toxine mortelle soit présente dans des champignons aux profils génétiques très différents ? Des chercheurs révèlent l'existence d'un transfert de gènes entre espèces partageant le même sol.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°908, daté octobre 2022.

Voilà le retour de la chasse aux champignons. Les orages qui ont suivi une longue sécheresse estivale ont déjà fait des heureux en facilitant la pousse des cèpes de Bordeaux dès septembre. Mais attention ! L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a coutume en cette saison de refroidir les ardeurs.

Tous les ans, un millier de personnes en France sont victimes d'intoxications liées à la consommation de champignons : en moyenne, trente le sont gravement et trois en meurent. C'est pourquoi comprendre d'où proviennent ces toxines est un enjeu de santé publique. Un pan de voile vient justement d'être levé par une équipe franco-chinoise sur l'origine de l'amanitine, la substance qui s'attaque chez l'humain au fonctionnement des reins et du foie.

Une étude issue d'un travail fastidieux

L'amanitine est reconnue depuis longtemps comme une toxine mortelle. "Mais ce qui est surprenant, c'est qu'elle est présente aussi bien chez l'amanite phalloïde que chez la galère marginée et la lépiote crêtée, trois champignons forestiers communs dans nos bois, qui sont génétiquement très différents", expose Francis Martin, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (Inrae) de Nancy et coauteur de l'étude.

Les auteurs de l'article, paru cette année dans la revue PNAS, ont comparé le génome de 15 champignons toxiques pour identifier les gènes responsables de la fabrication des différentes formes d'amanitine et caractériser l'activité enzymatique pilotée par ces gènes. Un travail fastidieux qui a duré près d'une décennie, mais qui a livré des résultats prometteurs : quatre gènes ont pu être identifiés et ils sont identiques chez toutes les espèces mortelles.

Le degré de toxicité, qui explique par exemple que l'amanite phalloïde soit bien plus dangereuse que les autres membres de son genre, est lié au nombre de copies de ces gènes. "Ils sont présents en dizaines d'exemplaires [...]

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