L'origine de l'anosmie chez les malades du coronavirus identifiée

Julie Kern, Rédactrice scientifique
·2 min de lecture

Depuis les premières heures de l’épidémie de Covid-19, la perte d’odorat, ou anosmie, est un symptôme singulier de la maladie. L’anosmie est courante dans les infections respiratoires, comme la grippe ou le rhume, qui peut être provoqué par des coronavirus non mortels. Le plus souvent, elle est simplement causée par l’encombrement des voies nasales qui empêche les molécules d’arômes d’atteindre les récepteurs olfactifs. En clair, on a le nez bouché. Quand les symptômes disparaissent, l’odorat réapparaît, même si dans certains cas, l’anosmie peut perdurer.

Mais, dans le cas du SARS-CoV-2, les patients infectés se plaignant d’anosmie n’ont pas forcément le nez bouché. L’anosmie provoquée par ce coronavirus est donc sensiblement différente des autres infections respiratoires.

Le schéma de la fonction olfactive. Le bulbe olfactif situé dans le cerveau communique avec les fosses nasales grâce aux nerfs olfactifs. © Domaine public
Le schéma de la fonction olfactive. Le bulbe olfactif situé dans le cerveau communique avec les fosses nasales grâce aux nerfs olfactifs. © Domaine public

Une perte d'odorat sans avoir le nez bouché

Chez les patients Covid, l’anosmie apparaît du jour au lendemain et disparaît aussi soudainement une ou deux semaines plus tard. Cependant, certains patients se plaignent de n’avoir pas retrouvé la totalité de leur odorat bien des semaines après leur guérison.

Comment expliquer cela ? Des scanners du nez et des sinus réalisés chez des patients infectés et anosmiques ont montré un gonflement des tissus et la présence de mucus dans la fente olfactive. Les sinus, quant à eux, sont intacts.

Le SARS-CoV-2 utilise le récepteur ACE 2 pour se fixer et une seconde protéine, TMPRSS2, pour s’approprier sa cellule-hôte. Une première hypothèse stipulait que les neurones olfactifs pouvaient être infectés et provoquer la perte d’odorat. Celle-ci était basée sur le neutropisme connu de certains coronavirus. Or, il semble que les neurones olfactifs n’expriment pas le récepteur ACE2 et ne peuvent donc pas être infectés.

Les cellules sustentaculaires, cibles du virus

Par contre, le récepteur du coronavirus a été identifié à...

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