L'Ordre des avocats de Strasbourg dit non à la féminisation des termes «avocat» et «bâtonnier»

© PATRICK HERTZOG / AFP

"Avocate" est un mot qu’on utilise au quotidien dans le langage courant, qui est d’ailleurs dans le dictionnaire. Et pourtant, l’Ordre des avocats de Strasbourg vient de se prononcer contre la féminisation de ce terme ainsi que celui de "bâtonnier" dans les documents et les plaques professionnels. Le Conseil national des barreaux (CNB) demande depuis le mois de septembre leur avis consultatif aux différents barreaux de France pour trancher sur la question. Et celui de Strasbourg a donc répondu "non", ce qui choque le Syndicat des Avocats de France (SAF).

"Cela contribue à l’invisibilisation des femmes (…) on a un train de retard"

Pour Maître Nathalie Goldberg, avocate et présidente de la section locale à Strasbourg du Syndicat des Avocats de France (SAF), ne pas vouloir officialiser la féminisation des termes "avocat" ou "bâtonnier", ce qui est déjà un usage, est incompréhensible. "À Strasbourg, c’est une pratique depuis des décennies j’ai envie de dire", s’étonne-t-elle. "Tout le monde pose sa plaque "avocate" [à l’entrée de son cabinet]. Au sein des juridictions, lorsqu’on s’adresse à une magistrate, on se fait reprendre quand on l’appelle "Madame Le Président" : on doit dire "Madame La Présidente", raconte-t-elle.

"Alors ne pas vouloir officiellement féminiser ces mots, ou en tout ne pas vouloir laisser le choix de le faire, cela contribue à l’invisibilisation des femmes", affirme-t-elle, précisant qu’au sein de la profession d’avocat, les femmes sont "majoritaires à 58%&...


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